Aujourd'hui, sommes-nous mieux préparés ? Certainement, puisque nous avons tiré les leçons de la catastrophe au niveau des plans Mash, des protocoles de prise en charge et de tri. Et la technologie a évolué entre temps.

C'est le cas de la télémédecine qui fait le forcing pour entrer dans les moeurs médicales. " Le tri est mieux réalisé avec la télémédecine ", soutient le Pr Vincent. " Souvent, l'ambulance arrive et débarque le malade sans avoir prévenu l'hôpital. On reçoit donc parfois des patients instables, et on aimerait être prévenu pour mobiliser les moyens, les spécialistes nécessaires. La télémédecine est la bonne solution. Cela permet d'orienter le patient vers le bon hôpital, de prévenir l'hôpital, et éventuellement commencer le traitement dans l'ambulance. " Cela permet en outre d'éviter les transferts secondaires et de limiter les médecins à bord dans les ambulances.

Mais - car il y a toujours un mais - il faut pour cela que le personnel ambulancier soit mieux formé, à l'image des paramedics au Royaume-Uni. Et la technologie a des limites. " Il y a la technologie embarquée dans l'ambulance pour permettre d'agir plus vite et d'être mieux préparé, mais il y a également la communication. Au-delà de tous systèmes sophistiqués, il faut améliorer les protocoles de prise en charge ", estime le Dr Créteur.

C'est d'autant plus vrai dans le cadre des attentats, puisque le triage est compliqué par la population. De bonne foi, elle amène les victimes d'une catastrophe dans l'hôpital le plus proche. Des victimes qui ne sont pas forcément des urgences, et qui ne se retrouvent pas forcément au bon endroit. À Paris par exemple, les hôpitaux ont été inondés de cas légers. Et ce n'est pas la télémédecine qui permettra de limiter ces actes citoyens certes, mais parasites en l'occurrence pour une gestion optimale d'une catastrophe.