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"Il serait inacceptable que les étudiants (en dernière année de médecine) ne puissent poursuivre leurs études (de spécialisation, ndlr). Il faut que ces étudiants aient un numéro Inami", a martelé mercredi M. Marcourt devant le Parlement de la Fédération en réponse à une question de Philippe Henry (Ecolo) sur le sujet.Selon M. Marcourt, la ministre fédérale de la Santé est la "seule à détenir les clés puisque c'est elle qui délivre les numéros Inami", a-t-il souligné.Mme De Block a rencontré ces dernières semaines les représentants des médecins, des doyens et des étudiants en médecine pour faire le point de la situation. Elle doit encore s'entretenir vendredi avec les deux ministres communautaires en charge de l'Enseignement supérieur avant d'exposer ses solutions.Lors de la création du numerus clausus en 1997, la Flandre avait décidé d'instaurer un examen d'entrée toujours d'application, ce qui a permis de contrôler plus ou moins efficacement les cohortes d'étudiants flamands en médecine.Côté francophone, plus aucune limitation du nombre d'étudiants n'est imposée depuis un arrêt du Conseil d'Etat rendu en 2008, ce qui a nourri depuis en Flandre une impression de laxisme et d'irresponsabilité dans le chef des décideurs francophones.Devant les députés, M. Marcourt a réfuté mercredi cette idée. "Nous n'avons pas un système laxiste. La session de janvier en 1re année de médecine doit être réussie, ce qui équivaut à un examen d'entrée".Le ministre socialiste a répété dans la foulée les travers du contingentement fédéral qui, selon lui, conduit la Belgique à "piller" les pays africains et d'Europe de l'Est de leurs médecins pour pallier les insuffisances en praticiens constatés chez nous."Il est aberrant de limiter le nombre de médecins alors que nous sommes en situation de pénurie", a poursuivi M. Marcourt, pointant les premiers résultats du cadastre de médecins réalisé récemment."Il faut éviter de faire (de cette question) un problème communautaire", a encore exhorté le ministre, rappelant la situation "totalement atypique" des facultés de médecine francophones qui accueillent un grand nombre d'étudiants étrangers (30% environ en Fédération contre 5% seulement en Flandre, ndlr)."Ceux-ci prennent des numéros Inami et retournent ensuite dans leur grande majorité exercer à l'étranger".Seule l'Autriche connaît en Europe une situation similaire à la Fédération, Vienne accueillant de nombreux étudiants allemands dans leurs écoles de médecine, a conclu M. Marcourt.Le mois dernier, celui-ci avait réaffirmé devant ce même Parlement ses réticences envers tout examen d'entrée aux études de médecine en Fédération."Je ne suis pas certain qu'un examen d'entrée, qui ne ferait qu'entériner le côté inégalitaire de l'enseignement obligatoire, soit une solution", avait-il dit.Intérrogé par Le Soir de jeudi, Jérôme Lechien, qui a présidé pendant quatre ans le Cium, estime au contraire que "la balle est, de manière urgente, dans le camp du ministre Marcourt. Il doit garantir la mise en place d'un système de sélection. Pendant 10 ans, la Communauté française n'a pas respecté les quotas... On peut comprendre dès lors que la ministre fédérale exige désormais un geste fort avant, elle-même, d'en poser un."