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Plus de qualité de soins, plus d'efficience, car il ne s'agit pas de mesures d'économies mais bien d'une refonte en profondeur du paysage hospitalier. En supprimant progressivement les lits non utilisés, en écourtant la durée du séjour ou la duplication des examens." C'est l'hôpital réinventé, à la mesure du patient d'aujourd'hui. Il se doit d'être un carrefour au sein des réseaux ", a indiqué la ministre De Block ce vendredi.À défaut de mesures palpables, bien trop prémâturées, voilà l'esprit de la réforme. Ce plan d'approche qui surmonte l'organisation en silos des soins de santé et vise la coopération transmurale (pour vaincre cette peur de perdre un patient/client lorsqu'on le réoriente vers un autre hôpital), le réseautage entre hôpitaux pour les services logistiques (achat, ICT) et autres labos ou pharmacie.On sent déjà à ce propos que cela se traduira par de longues révisions du cadre légal puisque, pour prendre le simple exemple de la pharmacie, si un gestionnaire construit un nouveau bâtiment attenant à un hôpital existant, il ne pourra pas compter une même et seule pharmacie mais doit en construire une neuve. Question d'agrément. Mais ce n'est qu'un détail étant donné que la ministre de la Santé s'engage à récompenser la collaboration et l'affectation efficiente des moyens. Et par là, la qualité des soins avec approche ciblée et progressive.Maggie De Block mise sur l'entente entre hôpitaux universitaires, hôpitaux de référence et hôpitaux de base. La notion de réseau prévaut sur la notion d'institution hospitalière. Certains groupes de pathologies seront concentrés au sein d'un réseau et les hôpitaux passeront des accords sur la répartition des tâches. Le patient pourra trouver les soins les mieux adaptés dans ce réseau. Et l'appareillage lourd ou onéreux sera également attribué en fonction du réseau, plus de l'hôpital.L'autre enjeu sera évidemment de simplifier le financement, le rendre plus transparent, et de réduire les charges d'enregistrement. " Nous examinons comment coupler la partie des coûts pratique et le flux de financement ", a indiqué la ministre libérale. Mais ce n'est pas la politique du changement pour le changement. Le système en a bien besoin, évidemment, cela n'empêche pas de conserver les points forts: accessibilité, vaste offre de soins, proximité, qualité, etc.Par ailleurs, l'un des points majeurs pour les spécialistes se résume en une déclaration de la ministre: le médecin conserve son mot à dire sur la gestion. Il convient de clarifier la part professionnelle (l'acte) et la part des frais de pratique (coûts d'infrastructure). " Les médecins auront la garantie que leur avis soit pris en compte pour le choix de certains programmes de soins, de la spécialisation, la gestion médicale de l'hôpital ", a assuré Maggie De Block. Tout le défi sera le passage de la théorie à la pratique. Et le temps que cette concrétisation prendra.Maggie De Block n'a pas la prétention de révolutionner les soins de santé en un mandat. " L'implémentation va dépasser le cadre de cette législature. 4 ou 5 ans sont trop courts. On va concrétiser par phases et il y a déjà un calendrier concret pour cette année ".Déclaration commune avec les entités fédérées attendue -avec impatience- pour cet été.Entre-temps, le plan d'approche sera détaillé à la Commission Santé de la Chambre le 28 avril.Analyse complète dans le prochain numéro du Journal du médecin.