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Lorsque vous fixez un budget pour la location de votre cabinet, il est toujours bon de retenir que certains frais pourraient vous être portés en compte en sus du loyer et des charges. A quoi faut-il faire attention ?Le contrat de location de votre cabinet doit être enregistré - une obligation qui revient en principe au bailleur, mais qui peut être transférée au locataire en vertu des dispositions du bail. Si c'est le cas, ce sera à vous de régler cette formalité dans les quatre mois suivant la signature du contrat.Cet enregistrement peut se faire en ligne (via le site internet https://finances.belgium.be/language- selection/myrent) ou en envoyant votre contrat de location en trois exemplaires au Bureau Sécurité Juridique compétent, dont vous trouverez l'adresse sur https://finances.belgium.be/fr/bureaux. Celui-ci vous retournera votre contrat enregistré, accompagné de la relation d'enregistrement. Si l'adresse où le contrat doit être renvoyé diffère de celle qui y figure, ce sera à vous de le signaler explicitement à l'administration. Enfin, vous pouvez également aller déposer personnellement votre contrat - toujours en trois exemplaires - au Bureau de Sécurité Juridique.Contrairement à ce qui se passe lors de la location d'une habitation, l'enregistrement du bail d'un cabinet professionnel n'est pas gratuit : son coût s'élève à 0,2 % du montant total du loyer et des charges locatives pour l'ensemble de la durée du contrat (avec un minimum de 50 euros). Si vous louez p.ex. votre cabinet pour une durée de neuf ans au prix de 1.500 euros/mois, les frais d'enregistrement s'élèveront à 0,2 % de (9 x 12 x 1.500 euros), soit 324 euros. Si vous ne procédez pas à l'enregistrement du contrat à heure et à temps, vous pourriez en outre vous voir infliger une amende.Vous pourriez être tenté(e), pour vous épargner ces frais, de ne pas faire enregistrer votre contrat. En tant que locataire, ce n'est toutefois pas dans votre intérêt, car l'enregistrement rend votre bail opposable à des personnes autres que le bailleur - un nouveau propriétaire, par exemple, ne pourra pas vous mettre dehors sans autre forme de procès, à moins qu'une clause d'éviction ne soit explicitement prévue dans le contrat.Le précompte immobilier est en principe à charge du propriétaire-bailleur, mais dans le cadre de la location d'un cabinet, d'autres accords peuvent être passés. Les règles qui s'appliquent dans ce cas précis ne sont donc pas les mêmes que pour la location d'une habitation, où une clause contractuelle prévoyant que c'est au locataire de payer le précompte immobilier sera automatiquement non valable.S'agissant de la location d'un cabinet, le contrat de location peut ainsi parfaitement stipuler que le précompte immobilier est à charge du locataire. Le paiement sera toujours réclamé par les autorités au propriétaire, mais celui-ci pourra ensuite répercuter ce coût sur son locataire. Si votre bail comporte une telle disposition, pensez à demander au propriétaire quel est précisément le montant annuel à acquitter, histoire d'éviter les mauvaises surprises à posteriori. Convenez aussi d'emblée (dans le contrat de location) que, si la location ne porte pas sur une année complète, vous ne serez redevable du précompte immobilier qu'au prorata de la durée de jouissance effective.Le bailleur n'a le droit d'indexer son loyer que si le bail prévoit explicitement cette possibilité. Si elle n'y figure pas, l'indexation n'est donc pas possible... et même si c'est le cas, une série de conditions strictes devront être respectées. Le loyer ne peut ainsi être indexé qu'une seule fois par an, au plus tôt à l'anniversaire de l'entrée en vigueur du contrat de location.Le loyer adapté ne peut en outre pas dépasser le montant obtenu en multipliant le loyer de base par le nouvel indice(-santé), puis en divisant le tout par l'indice initial. Le nouvel indice est celui du mois qui précède le mois anniversaire de l'entrée en vigueur du contrat, l'indice initial celui du mois précédant la signature du bail.Si le bailleur oublie d'indexer votre loyer, il n'a pas non plus le droit de rectifier son erreur indéfiniment. Il ne peut en effet jamais retourner plus d'un an en arrière, et toute indexation non réclamée antérieure à cette date sera donc automatiquement perdue. Il peut par contre évidemment toujours continuer à indexer les loyers futurs.Indexation mise à part, le bailleur ne peut en principe pas revoir son loyer à la hausse en cours de bail à moins d'obtenir pour cela votre accord explicite - que vous pourriez être tenté de lui donner, par exemple, parce qu'il vous menace de résilier votre contrat et de louer à quelqu'un d'autre.Le bail peut toutefois comporter des dispositions différentes. Le bailleur pourrait par exemple prévoir que le loyer de base sera de 1.000 euros/mois au cours des trois premières années, de 1.100 euros/mois de la 4e à la 6e année, etc.Le bailleur pourrait également faire figurer dans le contrat une disposition analogue à celle qu'on trouve dans les baux commerciaux, stipulant qu'il se réserve le droit de réclamer une révision du loyer au cours des trois derniers mois de chaque période de trois ans si, en raison de circonstances nouvelles, la valeur locative normale du bien est devenue supérieure d'au moins 15 % au montant convenu dans le contrat.