"La réglementation a été annoncée comme voulant faciliter la réintégration de malades de longue durée au sein de l'entreprise mais dans les faits, on constate que le trajet mène dans près de 70% des cas au licenciement de la personne pour force majeure médicale et donc sans indemnités puisque la décision a été prise par un médecin conseil", souligne Thomas Gérard qui s'exprimait à l'occasion du Salon annuel du délégué axé sur la santé et la sécurité au travail.

"On loupe dès lors complètement l'objectif et on remarque en fait que le dispositif facilite le licenciement des malades de longue durée. Sachant que 15.000 procédures ont été lancées en 2017 et que l'on peut tabler sur le double pour 2018, il faut agir dès maintenant pour réformer le système", ajoute-t-il.

La CSC estime aussi que le trajet de réintégration ne doit être activé que sur base volontaire du travailleur et qu'il doit s'accompagner d'une meilleure concertation sociale. La CSC demande, en outre, que soit mise en place une procédure spécifique pour la force majeure médicale et ce, en dehors du trajet de réintégration.

Ce salon du délégué, organisé vendredi, était aussi l'occasion de mettre l'accent sur les accidents du travail en province de Liège (11.841 en 2017) qui ont légèrement augmenté par rapport à l'année précédente.

"Mais ces chiffres ne prennent pas en compte les accidents non déclarés, ni ceux qui n'ont pas été reconnus par les assureurs. Ce qui peut survenir parce que la déclaration n'a pas été rédigée correctement. Nous demandons donc que la loi soit modifiée de toute urgence de manière à ce que la victime reçoive directement une copie de la déclaration et puisse, le cas échéant, intervenir pour la compléter ou la corriger en vue d'éviter les refus ou rectifications", souligne le conseiller en prévention, relevant également le nombre insuffisant d'inspecteurs chargés des contrôles dans les entreprises.

"Soit 12 inspecteurs en province de Liège pour contrôler 27.670 entreprises, qui occupent 330.293 travailleurs. Ce qui revient à dire qu'une entreprise de la province de Liège n'est contrôlée que tous les 26 ans", précise-t-il.

Enfin, en 2017, on a dénombré en province de Liège 13 accidents mortels et 1.439 ayant occasionné une incapacité permanente.