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La plainte du ministère turc de la Santé déposée contre l'ordre des médecins pour apologie des opposants au régime a été récemment rejetée par la Cour de première instance d'Ankara. Dans la foulée d'une mise en garde de l'Association médicale mondiale, l'Absym a tenu elle aussi à exprimer son soutien aux confrères de Turquie.L'Association Médicale Mondiale (AMM) et le Comité Permanent des Médecins Européens (CPME) ont dénoncé vendredi les pressions qu'exerçaient certains gouvernements sur leurs médecins, à l'instar du régime turc." Le peuple turc peut être fier de ses médecins, de ses avocats et de ses juges (...) qui ont su résister à l'intimidation ", insistent les associations représentatives.Pour mémoire, le ministère de la Santé a poursuivi en justice des dizaines de médecins pour avoir porté secours aux manifestants lors des mobilisations antigouvernementales en 2013. Le ministère avait ainsi attaqué l'ordre des médecins pour " l'éloge de criminels " fait par les professionnels de la santé.Des accusations mises à mal par nombre de témoins entendus lors du procès, notamment le président des avocats de Turquie, selon lesquels " les ambulances du ministère n'ont pas aidé les blessés et s'il n'y avait pas eu de médecins bénévoles, le nombre de décés ou de mutilés aurait été bien plus élevé ". Interprétation que la Cour de première instance d'Ankara a retenue le 20 février dernier pour rejeter la plainte du ministère.Parti de la fronde d'écologistes opposés à la destruction du parc Gezi, le mouvement s'était par la suite dressé contre la dérive islamiste du gouvernement Erdogan. Pendant près d'un mois, plus de 3 millions de Turcs avaient manifesté dans les rues du pays. Rassemblement d'envergure qui avait été violemment réprimé par les forces de l'ordre : 8 morts et plus de 8.000 blessés.Selon Amnesty International, plus de 5.500 manifestants ont été traînées devant les tribunaux par le président, parfois au nom de la loi antiterroriste.Les représentants internationaux et européens des médecins ont estimé dans leur communiqué que " le cas de la Turquie est une honte pour une nation démocratique ayant un riche héritage culturel. C'est une atteinte à l'humanité et une attaque portée à l'autonomie de notre profession ". Une position à laquelle fait écho l'Absym, en marque de soutien des médecins de Belgique.