1. Oser déplacer les meubles

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Le BeCep propose de placer le KCE directement sous la tutelle du parlement qui incarne notre démocratie. " Cela garantirait peut-être plus d'objectivité et d'autonomie et l'énoncé des problèmes n'auraient pas de couleur politique particulière, pas plus que les avis sur lesquels un(e) ministre de la Santé publique peut baser sa politique. "Les urgentistes estiment qu'il faut légiférer pour ne permettre l'implémentation des programmes étrangers d'accréditation des soins de santé qu'après une " peer-review " approfondie dans notre propre pays. " Les études comparatives des coûts et le déploiement des ressources humaines révèlent de grandes disparités entre différents pays. Les programmes d'accréditation axés sur la qualité conçus par un système de soins de santé étranger, placent les hôpitaux belges qui ne reçoivent pas de subsides à cette fin, devant un choix difficile. D'autant plus que l'impact sur la mortalité ou la morbidité n'a pas encore été prouvé. Soit on suit la tendance à la mode pour décrocher un label glamour à un prix exorbitant, quelles que soient les conséquences sur le terrain. Soit on prend le risque d'être cloué au pilori parce qu'on ne suit pas la tendance."Pour les urgentistes, il faut confier l'ensemble des compétences relevant d'un domaine cohérent à un ministre de la Santé publique, quel que soit le niveau, fédéral ou communautaire. " Utiliser, financer et règlementer les transports urgents et non urgents dans le cadre d'un même ensemble de compétences, offrirait des moyens bien plus nombreux et efficaces pour amener la diversité des patients aux dispensateurs de soins avec diligence et promptitude, certainement à une époque où la demande de transport des patients ne peut qu'augmenter. La même chose vaut pour les formations professionnelles continues dans les soins de santé. L'impact négatif de systèmes imparfaitement coordonnés est considérable et entraîne des tracasseries inutiles. ""Permettez que chaque réseau hospitalier s'organise dans les meilleures conditions pour répondre aux demandes de soins médicaux, adaptés aux besoins et possibilités du territoire géographique du réseau. L'objectif devrait être le même pour chaque réseau, la méthode est ici secondaire. Au lieu d'investir dans la normalisation, mieux vaudrait investir dans le résultat. Cela signifie donc aussi qu'il faudrait que les autorités régulatrices deviennent des autorités facilitatrices. À cet égard, la nouvelle constellation des réseaux offre des opportunités incroyables. "Le BeCep estime que la politique de santé devrait être soutenue par un contrôle de gestion large et transparent et des critères de référence internationaux. "Cela n'a aucun sens d'investir dans l'accessoire sans connaître ou même en ne souhaitant pas mesurer les effets sur la totalité des soins de santé."Notre époque ne peut plus accepter la mise sur pied de projets pilotes et d'études sans déterminer des facteurs critiques de succès ou sans publication des résultats. Les urgentistes rappellent que les résultats du projet pilote de triage téléphonique 1733 Leuven-Tirlemont ont été mauvais sur tous les plans. Or, "malgré ce qui était convenu entre les autorités, les généralistes et les services d'urgence, les parties concernées n'ont pas pu consulter les résultats pendant 6 mois, alors que de nouvelles structures étaient créées pour pouvoir continuer à fonctionner tranquillement. De telles manières de travailler inspirent peu confiance et génèrent des tensions entre les différents partenaires des soins de santé."Pour le BeCEP, il est absolument indispensable que l'union professionnelle des médecins urgentistes fasse partie du Conseil National des Secours Médicaux d'Urgence (CNSMU) pour formuler des avis pertinents et sérieux."Le BeCep considère qu'il faut d'urgence déployer un outil de traitement des données d'enregistrement en ligne provenant des services d'urgence (UREG) dans le cadre d'un système d'alerte précoce pour les soins de santé dans notre pays, afin que les efforts permanents du terrain trouvent leur utilité et atteignent les buts visés. " La finalisation du projet dans le contextepour lequel il a été initialement conçu, est une condition sine qua non pour maintenir la motivation du terrain à continuer à introduire les données. Si cette intention n'existe plus, c'est dommage pour ceux qui basent leur gestion sur des données réelles mais alors, il n'y a plus lieu d'exiger cet enregistrement. "Les urgentistes trouvent qu'il faut d'urgence chercher des méthodes pour préserver les scientifiques des conflits d'intérêts de leur employeur. "Nos scientifiques de la santé devraient pouvoir être une source impartiale de connaissances sur la base desquelles notre pays pourrait continuer à construire. Malheureusement, ils sont en grande partie rémunérés par des hôpitaux universitaires qui se heurtent à d'importants conflits d'intérêts dans leur compétition avec les hôpitaux non universitaires. C'est surtout lorsqu'il est question du développement des systèmes des soins de santé que la contribution de ces scientifiques de la santé est particulièrement contestable pour des raisons évidentes. La même chose vaut pour le rôle qu'ils jouent dans la formation professionnelle continue. Ceci est particulièrement difficile à percevoir pour le citoyen lambda. Des pistes possibles pourraient être l'octroi d'un statut indépendant aux médecins universitaires ou une dispersion des scientifiques et services universitaires dans l'ensemble du paysage des soins de santé pour éviter les controverses et la contamination des intérêts, et atteindre une symbiose dans les soins de santé. "Pour le BeCep, les ambulanciers, les infirmiers d'urgence et les médecins urgentistes doivent être protégés contre les agressions et les diffamations dans les médias sociaux. "Reconnaissance, protection et valorisation pourraient vraiment aider les urgentistes à tenir bon contre vents et marées. "