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Jusqu'à présent, les accidents cardiaques et vasculaires cérébraux étaient exclus des couvertures sportives en raison du caractère "préexistant" et "non externe à la victime" de la pathologie. "Les assurances sportives couvrent généralement un accident corporel, qui est défini comme un événement soudain qui produit une lésion et dont la cause ou l'une des causes est extérieure à l'organisme de la victime", explique Philippe Lallemand, président du Comité d'éthique d'Ethias. Les accidents cardiaques et vasculaires cérébraux n'étaient dès lors pas pris en compte.De récents cas d'accidents avaient suscité un certain émoi. Le ministre fédéral de l'Economie Johan Vande Lanotte avaient ainsi critiqué la non-intervention des assurances lors d'un accident impliquant un jeune footballeur en mai."La pratique sportive contribue à une meilleure santé, mais elle implique quelques risques, faibles mais réels", commente Philippe Lallemand. "Ce produit est la modeste réponse d'un assureur à un problème de société."L'assurance couvrira les accidents lors de la pratique du sport, pendant le temps de récupération et sur le trajet du lieu d'activité assuré vers le domicile. Elle couvrira 100% des frais médicaux et prévoit entre autres une indemnité forfaitaire de 35.000 euros en cas d'invalidité permanente par victime âgée de moins de 65 ans.La compagnie d'assurances n'interviendra cependant pas dans le cas d'usage de produits dopants ou de la consommation d'alcool ou de drogues. Les sportifs professionnels sont également exclus de cette extension d'assurance car ils relèvent d'un régime spécifique.Ethias assure actuellement une centaine de fédérations sportives de tout le pays comptant au total environ un million de membres. Selon les chiffres communiqués par la compagnie d'assurances, chaque année, environ 20 personnes par million de sportifs décèdent en raison d'un accident cardiaque ou vasculaire cérébral. Environ 1.200 accidents de ce type surviennent chaque année. Ils concernent des sportifs de 12 à 35 ans dans 90% des cas."C'est un vrai drame d'annoncer à une famille dont un enfant a eu un accident cardiaque qu'il n'est pas assuré pour ce type d'accident", explique Cyriel Coomans, président de la Fédération belge de basket-ball. "Dorénavant, cela restera un drame, mais nous aurons quand même une réponse." "En cas d'accident, les fédérations sportives seront peut-être soulagées juridiquement, elles le seront certainement moralement", estime pour sa part André Stein.Ce type d'accident relance en outre la question de l'examen médical préalable à la pratique du sport. André Stein se montre réservé à ce sujet. "Il était obligatoire dans le passé, mais ne l'est plus en raison de changements de compétences. Il n'était de toute façon généralement pas assez poussé pour déceler ce type de problème. Personnellement, je ne suis pour l'obligation de cet examen que si celui-ci est complet, sérieux et efficace."Les particuliers pratiquant un sport en dehors du cadre de fédérations pourront également s'assurer contre ces accidents, mais selon des modalités différentes en fonction du sport auquel ils s'adonnent et de la régularité de leur pratique, ajoute l'assureur sans plus de précisions.