Chez les enfants et les jeunes, le cerveau est encore en plein développement.

Or, pour l'industrie du tabac, ces " replacement smokers " constituent une cible de choix. La grande majorité des fumeurs ont allumé leur première cigarette à l'adolescence. À cet âge, il est fréquent que les jeunes expérimentent de nouveaux comportements: ils sont naturellement impulsifs et la fonction inhibitrice de leur cerveau n'a pas encore eu le temps de pleinement se développer.

Un cerveau en plein développement, jusqu'à l'âge de 23 ans, est plus vulnérable aux addictions que celui des adultes. Pas si " libéré " qu'on ne le prétend, donc. Le cerveau des jeunes n'a simplement pas encore atteint sa maturité.

La dépendance des fumeurs adultes

La nicotine fait des ravages dans le cerveau. Le tabagisme entraîne un bouleversement total de la sensation de plaisir. Avec le temps, les récepteurs nicotiniques s'adaptent et se désensibilisent pour éviter la sur-stimulation. Un fumeur occasionnel (qui fait le choix délibéré de fumer le weekend, par exemple) court dès lors le risque de vite basculer dans la dépendance et une consommation quotidienne (il n'est plus question d'un choix, mais d'une nécessité de consommer du tabac pour pallier les symptômes du sevrage).

La dépendance est la parfaite antithèse de la liberté. Le fumeur quotidien subit un asservissement, son paquet de cigarettes devient son boulet. Bon nombre d'ex-fumeurs parlent de leur liberté retrouvée.

Comportements : le fruit d'automatismes inconscients plutôt que des choix réfléchis

Beaucoup de nos comportements sont automatiques. Nous ne réfléchissons et ne pensons pas le pour et le contre de chaque action. Et heureusement! Pouvez-vous imaginez une vie ponctuée de remises en question et d'évaluations de vos moindres faits et gestes?

En simplifiant quelque peu, on pourrait avancer que des stratégies marketing efficaces influencent et manipulent une large part de nos comportements (dont nos habitudes d'achat).

Tandis que le secteur marchand mise sur la nature malléable et irrationnelle de l'humain, l'opinion publique frémit à l'idée de permettre aux autorités d'intervenir pour notre bien. Sous couvert de préserver le libre-arbitre des citoyens et de crainte d'un État hyperprotecteur, nous rechignons à adopter des mesures antitabac pourtant indispensables. L'industrie du tabac souscrit à cette opinion, en critiquant l'" excès de zèle législatif ". À l'heure actuelle, ce ne sont plus tant les autorités qui tirent les ficelles, mais les grandes multinationales et les réseaux sociaux, comme par exemple Facebook. Peut-on encore parler de liberté ?

Un plan antitabac ambitieux, c'est possible !

Le débat politique organisé par l'Alliance pour une société sans tabac a donné la parole à des experts français, néerlandais et irlandais, qui témoignent tous du fait qu'une politique anti-tabac ambitieuse est effectivement possible. Ces pays ont réalisé d'énormes progrès dans leur politique antitabac au cours des dernières années. Et avec des résultats !

https://www.cancer.be/nouvelles/tous-les-partis-politiques-se-rallient-derriere-generations-sans-tabac