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Les manifestants entendaient sensibiliser par leur action l'opinion publique et le politique sur leurs conditions de travail. En 2012, le secteur des soins infirmiers à domicile devra réaliser 16,6 millions d'euros d'économie. De nouvelles coupes budgétaires étaient annoncées pour 2013 mais le syndicat chrétien estime que les soins infirmiers à domicile sont dans une impasse. "S'il n'y a pas de refinancement, l'ensemble de la population sera confronté à un réel problème. La ministre est consciente du sous-financement mais elle n'a fait aucune promesse. Un groupe de travail sera toutefois constitué dans les prochains jours pour envisager un refinancement", a déclaré Edgard Peters, directeur Soins infirmiers, de la Fédération Aide et Soins à domicile, à l'issue de la réunion. " Notre message 'halte aux économies' a été entendu. La ministre défend l'idée pour 2013", se félicite Yves Hellendorf, secrétaire national non-marchand à la CNE. Il reconnaît toutefois que la ministre ne s'est engagée ni sur des résultats, ni sur un refinancement du secteur compte tenu du contexte budgétaire. Le groupe de travail, qui sera constitué de représentants du secteur, devra réfléchir à la manière de financer plus efficacement les soins à domicile. Les infirmières à domicile, qui sont plus de 23.000 en Belgique, dénoncent le fait qu'on leur demande toujours plus en raison notamment du vieillissement de la population, avec des moyens réduits. Certaines prestations ne sont plus rentables. "Avec l'essence toujours plus chère, certaines prestations nous coûtent de l'argent", soulignent-elles."Certaines infirmières à domicile indépendantes choisissent les soins qui leur rapportent le plus car elles sont payées par acte. Le secteur est dualisé. Mais nous sommes un secteur non-marchand et il faut encore pouvoir assurer aux patients des soins à moindre coût", estime Isabelle Laloy, permanente CNE. "Cela reste un beau métier mais il n'est plus attractif car le relationnel est menacé. J'effectue moi-même 35 visites par jour", explique Laurence Soleil, infirmière à domicile à Andenne. "En 24 ans de carrière, je constate qu'on a moins de temps pour soigner et les soins sont plus complexes car les patients hospitalisés regagnent plus rapidement leur domicile. On effectue aussi bénévolement des tâches qui ne nous incombent pas, comme refaire le lit, faute de personnel suffisant", ajoute-t-elle.