Les hôpitaux veulent agir. Les uns après les autres, les centres hospitaliers décident d'oeuvrer pour la réduction de leur impact sur l'environnement. Production de nombreux déchets, utilisation de médicaments, transport,... les établissements de santé sont de mauvais élèves en matière d'écologie. Selon un récent rapport publié par l'ONG Health Care Without Harm, si le secteur de la santé était un pays, il serait le 5e émetteur de GES. En tout, ses émissions sont équivalentes à celles de 514 centrales à charbon réunies.

Optimiser la gestion des déchets

Conscient de cet impact, le centre hospitalier de Wallonie Picarde (Chwapi) a lancé en 2016 une initiative pour réduire ses déchets et optimiser le tri. Le Chwapi a déjà publié des chiffres, et ceux-ci sont plutôt encourageants. En procédant à une caractérisation des déchets, du niveau " banal " à celui " d'infectieux ", associée à une optimisation du recyclage, le centre hospitalier est parvenu, en deux ans, à " économiser 100.000 euros, à réduire de 15 tonnes les déchets infectieux et de 30% les poubelles spéciales associées à ce type de déchet, au doublement de la quantité de PMC (bouteilles et flacons en plastiques) collectée, ainsi qu'à la mise en place de la collecte du verre ", explique Didier Coemelck, directeur du département logistique du CHwapi. Des résultats que le centre hospitalier wallon juge " plus que satisfaisants ". Prochaine étape pour le CHwapi, la création d'une équipe dédiée aux questions environnementales, appelée " EcoTeam ". Elle mènera des actions de sensibilisation auprès du personnel, accompagnée " dans les premiers temps par l'asbl Espace Environnement, qui a l'habitude de piloter les EcoTeam ", détaille Didier Coemelck.

Également implanté en Wallonie, le centre hospitalier EpiCURA a lui aussi décidé d'agir pour la planète. En plus d'oeuvrer pour la réduction et le tri de ses déchets, le centre hospitalier a décidé de favoriser son éco-consommation et d'améliorer sa mobilité. La direction a récemment signé une charte en ce sens. " C'est un master plan qui s'organise phase par phase. On a récemment initié la phase d'amorce durant laquelle les premières actions sont mises en place. Elle correspond à la deuxième étape du projet ", explique Manon Le Boulengé, chargée de communication à Epicura. En matière d'éco-consommation, le centre hospitalier souhaite optimiser sa consommation d'énergie, " notamment par la mise en place de capteurs de présence dans certains couloirs et par une surveillance accrue de la consommation d'électricité ". Le remplacement des chaudières et des châssis les moins isolés est également prévu. L'objectif de ces différentes actions n'est toutefois par encore chiffré. " Pour le moment on se lance, on sensibilise notre personnel. Cette série d'actions mènera ensuite à des objectifs chiffrés. "

Vers une mobilité durable

Après la Wallonie, Bruxelles. Les cliniques universitaires Saint-Luc ont lancé, il y a quelques semaines, une évaluation globale de leur empreinte sur l'environnement. L'objectif était, selon Anne-Sophie Marsin, directrice du département stratégie et développement, d'agir de manière plus poussée pour l'environnement, au delà de la mise en place d' " initiatives de bon sens " telles que la réduction des déchets ou la compaction des PMC. " L'objectif est d'identifier les activités les plus polluantes de notre hôpital afin de développer un plan stratégique de réduction du carbone. Pour cela, nous avons fait appel à un expert pour mesurer le poids carbone de ces différentes activités. Contrairement à ce que l'on peut penser, ce ne sont pas nécessairement les déchets qui présentent l'impact carbone le plus important ", explique Mme Marsin.

Les résultats de cette évaluation seront présentés dès la semaine prochaine, mais d'ores et déjà, les transports ont été identifiés comme présentant un poids carbone particulièrement important. " Les transports ont un poids carbone très important chez nous. Beaucoup de voitures et de camionnettes vont et viennent dans notre hôpital. Il existe ainsi une volonté de notre part d'améliorer la mobilité des cliniques universitaires Saint-Luc. Pour cela, notre directeur général, Renaud Mazy, rencontre régulièrement les responsables de la STIB ainsi que les acteurs politiques. " En ligne de mire, après la présentation de ces résultats, la mise en place d'un plan 2025, " en concertation avec les autorités de la commune et de la région bruxelloise ". Il contient un plan mobilité, " que l'on va présenter aux autorités " ainsi qu'un plan de développement durable, " présentant des initiatives pour réduire la consommation d'énergie et favoriser l'utilisation de matériaux naturels ", détaille Anne-Sophie Marsin. " Notre objectif, en définitive, c'est de diriger notre hôpital vers un développement et une mobilité durables ".