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"Ces derniers jours, les analyses de tous les experts vont dans le même sens : la situation est préoccupante. Nous nous trouvons à un moment charnière si nous souhaitons pouvoir gérer la troisième vague. Le nombre de tests positifs, fortement à la hausse, se traduit également par une croissance du nombre d'hospitalisations et un transfert vers les soins intensifs. Les hôpitaux belges demandent des actions décisives, maintenant. Chaque jour que nous attendons reporte le moment où les contaminations pourraient de nouveau diminuer et où les soins réguliers pourraient reprendre "normalement"", communiquent Unessa, Gibbis, Santhea et Zorgnet-Icuro. Les fédérations constatent que depuis dix jours, "c'est l'alerte générale dans les centres de triage et les postes de garde : les téléphones n'arrêtent pas de sonner et la capacité de test doit être sans cesse étendue. Le ratio de positivité des tests est de nouveau fortement à la hausse, avec des pics de 15% dans certaines régions. Après une année entière de Covid, nous savons que cette tendance se traduira par une augmentation du nombre d'hospitalisations."Cette dernière semaine, 200 nouveaux patients Covid ont été hospitalisés chaque jour. Le lundi 22 mars : 282 nouveaux cas ont été enregistrés. "Le cap des 600 patients Covid en soins intensifs a également été dépassé. Entre-temps, nous savons qu'à cause du variant britannique, un pourcentage plus élevé de patients hospitalisés sera par la suite transféré vers les soins intensifs. Ils représentent presqu'un quart au total des patients Covid. De plus, notre "position de départ" au niveau des soins intensifs est pire lors de cette troisième vague, par rapport au moment où la deuxième vague a déclenché en automne. Après la deuxième vague, le nombre de patients Covid aux soins intensifs n'a jamais plongé en dessous des 300. Le point le plus bas a été atteint mi-février, mais leur nombre a déjà doublé entre-temps", analysent les fédérations. Le taux d'occupation des services de soins intensifs inquiète les quatre fédérations. "Dans quelques jours, nous manquerons de places pour les soins aigus Covid ou non Covid à moins de d'ouvrir des lits supplémentaires, tout en freinant les soins réguliers afin de réattribuer les ressources humaines nécessaires. Une situation dommageable à court et long terme pour les patients, le personnel hospitalier et notre système de santé. Une désagréable sensation de déjà vu..."Les fédérations ont l'impression que seules des images choc en provenance des hôpitaux initient des mesures décisives et parviennent à convaincre tout un chacun de respecter les règles. "Mais à ce moment, il est déjà trop tard. Les hôpitaux sont déjà surchargés, les interventions reportées et les temps d'attente pour les soins réguliers prolongés. Nous nous rendons compte que le chemin de retour "à la normale" est long, très long. Dès que le nombre de contaminations est à la baisse, le nombre de patients aux soins intensifs ne diminue que lentement. Le Covid-19 se propage rapidement. Soyons stricts, maintenant, avant qu'un trop grand nombre de personnes ne doivent attendre trop longtemps pour recevoir les soins dont elles ont besoin.""A Bruxelles, tous les indicateurs sont au rouge. Le nombre d'infections est en augmentation de 37% depuis le 12 mars (3691 cas + 993) en une semaine. Le taux de positivité des tests est à 9,3%, le taux de reproduction est de 1,2 . 423 (sur 2.402) hospitalisations à Bruxelles dont 109 (sur 603) en soins intensifs", précise Marjorie Gobert, secrétaire générale de Gibbis.Lire également le témoignage de trois directeurs d'hôpitaux sur leur gestion de cette augmentation du nombre de cas. Sur le réseau social Twitter, France Dammel, porte-parole de Frank Vandenbroucke nous a répondu en déclarant que "le ministre a bien entendu ce communiqué des quatre fédérations hospitalières, qui le conforte dans sa conviction qu'il est grand temps d'agir, et de prendre des mesures fortes, et non des mesurettes."