Abordons en premier lieu les soins palliatifs qui seront prochainement pleinement régionalisés. Le sujet a déjà été abordé, il est désormais concret (voir jdM n°2584) puisque le décret a été voté par le Parlement wallon. Le rôle et les missions des trois structures wallonnes spécialisées dans l'accompagnement des patients en fin de vie sont désormais fixés. Un budget de 1,6 million est dégagé par Alda Greoli. " Je suis vraiment heureuse du vote de ce texte par le Parlement wallon. Il soutient et reconnaît les missions des plateformes, en particulier le soutien psychologique aux patients, à l'entourage, aux professionnels et aux volontaires. Permettre à un patient en fin de vie de rentrer chez lui et de vivre ses derniers instants en dehors d'une institution hospitalière ne s'improvise pas. Cela demande notamment beaucoup de compréhension, d'attention et de respect. "

Plus de 80% des patients hospitalisés font le choix de rentrer à leur domicile. Ils souhaitent avant tout pouvoir vivre leurs derniers instants dans un milieu familier, entourés de leurs proches.

De nombreuses initiatives financées par le Fédéral existaient. Elles sont aujourd'hui de la compétence des Régions en vertu de la 6e Réforme de l'État. Ce sont notamment les plateformes palliatives (au nombre de huit en Wallonie). " Concrètement, les missions de ces associations visent principalement l'information, la sensibilisation de la population et la formation des professionnels et des volontaires", spécifie la ministre. "Les plateformes apportent également un soutien psychologique aux professionnels qui sont en lien direct avec les patients."

Promotion et prévention

Cela fait cinq ans que le décret relatif à la prévention et à la promotion de la santé est dans les boîtes du gouvernement wallon. Il fallait repenser le décret de 1997 à la lumière des acquis de la 6e Réforme de l'État, c'est désormais chose faite. Ce texte constitue la base réglementaire nécessaire à la mise en oeuvre du 1er Plan wallon de prévention et de promotion de la santé, destiné à guider les acteurs de terrain dans leurs pratiques.

La Région wallonne s'attaque par ce décret aux différents facteurs qui influent sur la santé des Wallons. Lors de la dernière enquête santé, 21% des Wallons déclaraient fumer quotidiennement. À peine la moitié des plus de 15 ans affirmaient manger au moins un fruit ou un légume par jour. Pire : environ 10% des hommes reconnaissaient une surconsommation hebdomadaire d'alcool. Quand on sait que ces facteurs sont les déterminants majeurs du cancer et que 25% des décès en Wallonie sont liés aux tumeurs, on comprend toute l'importance de la promotion et de la prévention.

C'est dans cette philosophie d'anticipation des effets de certains choix et comportements sur la santé que la ministre Greoli a proposé le décret voté début de semaine. On oubliera pas également que la fin de la législature approche. " Fruit de cinq années de travail, de concertation et de collaboration avec l'ensemble du secteur, ce décret apporte un soutien stable et rassurant à ces acteurs et pose notamment les bases de la surveillance en santé, de l'obligation de déclaration des maladies infectieuses et d'une organisation du secteur basé sur un plan de promotion évolutif et co-construit. Tout est mis en oeuvre pour soutenir le bien-être et la qualité de vie des Wallons et des Wallonnes. "

Que contient le décret ?

Concrètement, le texte vise à renforcer les acteurs de prévention et de promotion de la santé en les structurant autour du Plan wallon consacré à ces deux domaines. Pour rappel, adopté en octobre 2018, ce document ambitieux dresse les principaux constats de santé en Wallonie et les domaines prioritaires à l'horizon 2030. Le plan contient également un référentiel d'actions pour le secteur, en établissant les objectifs et les grandes lignes de conduite à adopter par les acteurs de promotion de la santé.

Quatre types d'acteurs sont reconnus dans ce cadre par le nouveau dispositif : les centres locaux de promotion de la santé, les centres d'expertise en promotion, les centres d'opérationnalisation en médecine préventive ainsi que les opérateurs de promotion de la santé. Leurs agréments leur seront désormais octroyés à durée indéterminée et non plus sur base annuelle. " Cela permettra la pérennisation des actions sur le long terme, la fin d'une continuelle incertitude, mais également l'allègement des charges administratives. "

Un million pour le dépistage du cancer

Par ailleurs, le gouvernement a dégagé pour cette année un million d'euros supplémentaires afin d'encourager une participation accrue au dépistage du cancer, une des principales causes des décès en Région wallonne.

Cette somme permettra d'augmenter les moyens pour le centre de dépistage du cancer du sein et colorectal afin d'encourager les publics qui ne font pas encore le dépistage de s'inscrire dans cette démarche. L'argent mis sur la table permettra en outre de généraliser le dépistage du virus HPV (ou papillomavirus) en prévention du cancer du col de l'utérus en Wallonie.