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Avis à toutes les femmes qui en ont marre d'oublier leur pilule : un nouveau mode de contraception révolutionnaire va peut-être bientôt voir le jour !Le manque d'observance étant un problème de taille que rencontrent les femmes tenues de prendre la pilule quotidiennement, des alternatives ont été mises au point depuis longtemps. On songe au patch et à l'anneau mais ils doivent être changés régulièrement, le premier toutes les semaines et le second, tous les mois. Le stérilet et l'implant, quant à eux, sont posés pour une durée plus longue : trois, cinq ou dix ans selon les dispositifs.Ces différents systèmes présentent l'avantage pour les femmes de ne plus devoir penser à leur contraception tous les jours. Cependant, ils sont loin de plaire à toutes. Des scientifiques ont donc réfléchi à une autre solution.En réalité, les chercheurs américains du Georgia Institute of Technology ont repris une technologie connue et fiable, qui existe depuis des décennies sous le terme de " timbres transdermiques ". On l'utilise pour délivrer des médicaments contre le mal des transports ou les symptômes de la ménopause, ainsi que pour le sevrage tabagique dans le cas des patchs de nicotine.Pour fonctionner correctement, cette technologie nécessite généralement une routine assez stricte afin que les patchs soient appliqués tous les jours et ne soient jamais oubliés. Pour faciliter la tâche des femmes, l'équipe de Georgia Tech a donc pensé à accoler les patchs à des bijoux, en particulier pour celles qui en portent." Nous prenons une technologie établie, celle des patchs contraceptifs qui sont en vente dans les commerces ", confirme Mark Prausnitz, professeur à l'École d'ingénierie chimique et biomoléculaire de Georgio Tech. " Nous réduisons leur taille et nous les incorporons à des bijoux afin de faciliter leur application sur la peau. "Le nouveau procédé consiste à charger un médicament contraceptif, en l'occurrence le lévonorgestrel, dans un petit patch constitué de trois couches. Une première couche autocollante, permettant l'adhésion du système au bijou, qu'il s'agisse d'une boucle d'oreille, d'une montre, d'une bague ou d'un collier. Une seconde couche, contenant les hormones et les libérant au fur et à mesure. Une troisième, légèrement adhésive pour améliorer le contact cutané et permettre ainsi aux hormones de pénétrer dans la circulation sanguine via la peau.Les patchs sont bien entendu placés sur la zone du bijou la plus susceptible d'entrer en contact avec la peau, comme le dos d'une boucle d'oreille, ou derrière le cadran d'une montre.Des tests ont déjà été réalisés. Les scientifiques ont collé des patchs de 1 cm carré sur le dos de boucles d'oreilles qu'ils ont insérées dans les oreilles des porcs. Ils ont observé que le médicament passait via la peau dans le sang des animaux avec succès.Ensuite, ils ont expérimenté leur système avec des rats sans poils. Ils ont déposé des patchs sur leur peau. Ces patchs étaient administrés durant 16 heures, puis ils ont été retirés pendant huit heures afin d'imiter une femme qui porterait ses bijoux durant la journée et puis qui les enlèverait avant de se coucher.Selon les premiers résultats, si les niveaux de lévonorgestrel ont baissé durant les huit heures au cours desquelles les patchs ont été retirés, ils sont néanmoins restés suffisamment élevés pour qu'ils puissent faire leur travail. Autrement dit, il semble que les bijoux contraceptifs peuvent fournir une quantité suffisante d'hormones pour agir comme un moyen de contraception fiable et efficace." Plus les options de contraception disponibles seront nombreuses, et plus il est probable que les besoins de chaque femme pourront être satisfaits ", continue le Pr Prausnitz. " Compte tenu du fait que porter des bijoux fait déjà partie du quotidien de bon nombre d'entre elles, le nouveau moyen que nous proposons peut faciliter l'accès de certaines femmes à la contraception et leur éviter les grossesses non désirées. "Les auteurs qui travaillent sur ce projet mettent surtout en avant la facilité d'utilisation de ce nouveau moyen de contraception. On y gagne en compliance, car on ne doit pas y penser tous les jours et on évite la pose du dispositif par un gynécologue. Il suffit simplement de mettre ses boucles d'oreille, d'enfiler son bracelet ou d'attacher sa montre et le tour est joué.Autre atout : la discrétion du procédé. Le patch est caché. Quoi de plus familier qu'un bijou ou une montre ?Si les résultats des premiers tests scientifiques sont plus que concluants, avant d'envisager la commercialisation du procédé, il reste néanmoins à procéder à des essais sur des femmes.En attendant les prochaines conclusions, il est bon de rappeler que, s'ils arrivent sur le marché, ces bijoux hormonaux devront être prescrits par un médecin et il faudra changer les patchs périodiquement, probablement chaque semaine.Quoiqu'il en soit, dans la palette des possibilités déjà existantes, les bijoux contraceptifs représentent une alternative susceptible de séduire la gent féminine...