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Les anesthésistes démontent ci-dessous les arguments présentés hier dans le jdM par le Cabinet du ministre de la Santé publique. "La vaccination des personnes âgées nécessitant des soins en maison de repos diminue la charge de travail dans les départements de soins intensifs." Cette affirmation n'est pas correcte pour trois raisons :1. Les résidents des maisons de repos et de soins ne sont actuellement pas admis aux soins intensifs pour être placés sous respirateur.2. Rendre la vaccination prioritaire pour cette population n'entraîne pas de gain rapide pour le système des soins, même si elle permet d'éviter les admissions ordinaires à l'hôpital. La préoccupation principale est en effet la solidité du système de santé en tant que tel. En cas de troisième vague, si les résistances cèdent du côté du personnel de soins non vacciné dans les hôpitaux, ce gain rapide deviendra vite dérisoire au regard de la catastrophe qui en résulterait.3. Les résidents des MR(S) doivent aussi pouvoir être admis à l'hôpital pour d'autres soins indépendants du Covid-19 et d'une éventuelle troisième vague. A cet égard, la disponibilité des dispensateurs de soins à l'hôpital est vitale et nous ne pouvons pas permettre qu'ils soient massivement en incapacité après avoir été infectés par le Covid-19 (comme c'est arrivé à Bergame lors de la première vague)."Nous ne sommes pas certains que les personnes vaccinées ne puissent plus être contagieuses." Cet argument peut encore moins être accepté pour les raisons suivantes:1. La médecine ne tend pas vers des certitudes absolues mais il existe un niveau de probabilité élevé indiquant que les personnes vaccinées sont beaucoup moins contagieuses que celles qui ne le sont pas. La charge virale d'une personne vaccinée infectée est très probablement beaucoup plus faible que chez les sujets non vaccinés, comme le Prof. H. Snoeck de la Columbia University l'a affirmé plusieurs fois. 2. Si le monde entier vaccine, c'est précisément pour stopper la circulation du virus en stimulant l'immunité de manière à réduire significativement les risques de transmission du virus entre personnes. "Les retards de vaccination sont dus à la complexité et à la haute technicité des vaccins Pfizer."Cette affirmation est bien entendu absurde. Les vaccins transportés des usines Pfizer vers les hôpitaux doivent en effet être refroidis à une température extrêmement basse. Mais lorsque les vaccins arrivent à l'hôpital, ils sont simplement décongelés dans un frigo et conservés pendant 5 jours. Juste avant d'être injectés, ces vaccins sont dilués en fonction du nombre de personnes à vacciner et ils doivent être administrés dans les six heures. Cette procédure n'est donc absolument pas compliquée et ne justifie aucune perte de temps. Le comité directeur de l'Apsar