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Le Pr Patrice Cani et ses collègues ont rendu des souris obèses et diabétiques avec une alimentation très riche en graisse. Puis ils ont induit une mutation de manière à désactiver la protéine MyD88, uniquement dans les cellules qui tapissent l'intestin des rongeurs. Les scientifiques ont constaté que le fait d'éteindre cette protéine permettait de ralentir le développement du diabète, de limiter le développement du tissu adipeux, de réduire l'inflammation présente lors de l'obésité et de renforcer la fonction de barrière assurée par l'intestin limitant ainsi le passage inapproprié de composés bactériens dans l'organisme. Ils ont aussi observé une plus grande activité physique, et donc de plus grandes dépenses énergétiques, chez les rongeurs privés de MyD88 dans l'intestin. Les auteurs de ce travail ont encore transféré le microbiote intestinal de souris protégées de l'obésité chez d'autres souris sans flore intestinale et ils ont remarqué que ce transfert permettait de conférer aux rongeurs axéniques une protection contre l'obésité et le diabète. " Cette recherche apporte la preuve que les cellules épithéliales, d'un point de vue immunitaire, ont un impact sur le métabolisme énergétique et la régulation du poids ", se réjouit le Pr Cani, qui a bon espoir de parvenir à transposer les résultats obtenus chez l'être humain.