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L'étude a été menée par l'Institut scientifique de santé publique (ISP) et les Centres nationaux de référence pour les bactéries résistantes (UCL, CHU Mont-Godinne et l'hôpital Erasme de l'ULB) l'an dernier dans 60 maisons de repos et de soins belges.La surveillance nationale du MRSA, menée par l'ISP dans les hôpitaux, "montre la même évolution favorable". "Depuis 2003, le nombre de patients ayant contracté le MRSA durant un séjour à l'hôpital a diminué de plus de moitié", constate Béatrice Jans (ISP).Olivier Denis, du laboratoire de référence des MRSA à l'hôpital Erasme (ULB), ajoute que non seulement moins de patients contractent le MRSA en hôpital, mais le staphylocoque doré est également moins souvent résistant aux antibiotiques que dans le passé.Cette évolution favorable est à attribuer à une approche conjointe des autorités concernées, selon l'ISP, qui énumère une politique rationnelle de l'usage des antibiotiques afin de lutter contre le développement de la résistance, des campagnes pour l'hygiène des mains ou encore des politiques ciblées de prévention de l'infection.Les deux études montrent cependant que d'autres bactéries nosocomiales résistantes aux antibiotiques apparaissent.En raison d'une utilisation inappropriée d'antibiotiques, des bactéries intestinales à l'origine banales (Escherichia coli ou Klebsiella pneumoniae) ont développé des mécanismes qui détruisent les antibiotiques et peuvent également produire un autre enzyme (Carbapénèmase ou CPE) qui affaiblit l'efficacité d'autres antibiotiques, explique Youri Glupczynski du Centre National de Référence pour les entérobactéries résistantes à CHU Mont-Godinne (UCL). Les médecins doivent dès lors recourir à des antibiotiques de plus en plus lourds, contre lesquels les bactéries peuvent à leur tour développer une résistance."Il est donc essentiel de briser ce cercle vicieux en n'utilisant les antibiotiques que lorsqu'ils sont vraiment nécessaires", rappelle Michiel Costers de la Commission belge de coordination de la politique antibiotique (BAPCOC).Une approche globale, tant dans les hôpitaux que dans les autres centres de soins, mais aussi dans la population générale, reste indispensable, prévient l'institut.