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L'approche du professeur Eric Salmon s'axe sur les ressources de la personne atteinte plutôt que sur ses déficits et montre qu'elle "peut souvent conserver une autonomie relative mais satisfaisante, même jusqu'à un stade assez avancé de la maladie, à condition d'adapter son mode de vie et celui de son entourage".Le neurologue et son équipe réalisent tout d'abord un bilan approfondi du patient, pour évaluer ses capacités encore intactes. "À partir de là, nous recherchons les stratégies d'adaptation qui peuvent être mises en place dans la vie quotidienne, compte tenu des priorités du patient", par exemple pouvoir continuer à jouer aux cartes, précise-t-il. Il peut aussi s'agir d'apprendre à un patient à utiliser un agenda, ou toute autre sorte de "routine". Le rôle des proches reste "essentiel dans ce processus", conclut le professeur, parce qu'ils doivent "aussi adapter leur comportement".Le prix permettra au neurologue et son équipe de poursuivre les recherches. "Nous travaillons aussi sur les concepts de plasticité cérébrale et de réserve cognitive: dans quelle mesure le fait de conserver certaines activités variées et d'entretenir des contacts sociaux retarde-t-il la progression de la maladie?", détaille Eric Salmon.La récompense lui sera remise au printemps 2015. En 2011, Jack Levy et son équipe du CHU Saint-Pierre à Bruxelles avaient remporté le prix pour leurs recherches sur le traitement des enfants atteints du VIH/sida.