Boris Johnson a promis 1,8 milliard de livres (2 milliards d'euros) de plus pour aider immédiatement les services en première ligne, un geste qui a renforcé les spéculations sur le fait qu'il se prépare à des élections législatives anticipées.

Pendant la campagne du référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne, Boris Johnson, partisan du non, avait promis d'attribuer 350 millions de livres, envoyés chaque semaine à Bruxelles, au NHS après la sortie du pays de l'UE.

Mais cette affirmation était trompeuse: la contribution de la Grande-Bretagne au budget européen est bien de 350 millions de livres par semaine mais elle a un rabais hebdomadaire de 85 millions de livres.

Dans le Sunday Times, Boris Johnson rend hommage au personnel du NHS mais souligne "la pression, les retards, les annulations et le besoin évident d'avoir plus de financement".

"C'est pourquoi je suis tellement déterminé à réaliser maintenant la promesse de la campagne du referendum de 2016: pas seulement pour honorer la volonté du peuple mais pour augmenter les fonds disponibles pour cette extraordinaire institution nationale", écrit-il.

Cependant le Labour, principal parti d'opposition, s'est demandé si cet argent serait vraiment affecté et a ajouté que, même si c'était le cas, cela ne remédierait pas à une décennie de coupes budgétaires.

Le centre de réflexion Nuffield Trust a indiqué que le NHS avait un arriéré de 6 milliards de livres et que ces fonds supplémentaires n'étaient qu'une "partie" de ce qui est nécessaire pour réaliser l'engagement de Boris Johnson de moderniser 20 hôpitaux.

D'autres critiques ont mis en avant que ce plan ne serait jamais réalisé en cas de Brexit "dur", c'est-à-dire sans accord.

Boris Johnson a promis de quitter l'Union européenne le 31 octobre après que sa prédécesseure, Theresa May, a été contrainte à reporter cette sortie à deux reprises.

Le Parlement a rejeté l'accord de divorce négocié par Theresa May mais beaucoup de députés affirment qu'ils empêcheront Boris Johnson de sortir de l'UE sans accord, craignant une déstabilisation économique.

Dans le même temps, les dirigeants de l'UE refusent de renégocier l'accord conclu avec Theresa May, ce qui crée une impasse qui ne pourra être résolue, selon de nombreux parlementaires, que par des élections anticipées.

Boris Johnson a alimenté ces spéculations en faisant une tournée dans le pays et en prenant une série d'engagements sur des thèmes de politique intérieure durant ses premiers jours à Downing Street. La promesse sur le NHS fait suite à un engagement sur le financement de la police.