Concrètement, l'étude révèle que les infirmiers qui travaillent dans les hôpitaux belges s'occupent en moyenne de 9,4 patients (contre 11 en 2009), alors que l'on admet généralement, à l'échelon international, que la sécurité du patient n'est plus assurée au-delà de huit patients par infirmier.

Si le personnel infirmier a augmenté en milieu hospitalier au cours des dix dernières années - entraînant une légère diminution du nombre de patients par infirmier-, leur nombre reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants de soins, pointe le KCE.

Les infirmiers interrogés ont notamment indiqué qu'ils étaient de plus en plus souvent dans l'impossibilité, par manque de temps, de réaliser tous les soins nécessaires. A leurs yeux, ce problème n'a fait que s'aggraver au cours des dix dernières années, entre autres parce qu'ils doivent effectuer de nombreuses tâches pour lesquelles ils sont surqualifiés, comme par exemple servir des repas ou véhiculer des patients. Cette surcharge de travail a pour corollaire que certains soins nécessaires ne sont pas fournis. Ainsi, 37% des infirmiers sondés ont signalé ne pas avoir pu surveiller correctement leurs patients ni les changer de position (prévention des escarres) au cours de leur dernière prestation.

10% envisagent de quitter la profession

L'étude montre encore qu'un infirmier sur quatre n'est pas satisfait de son travail et que 10% envisagent de quitter la profession. Trente-six pour cent présentent par ailleurs un risque de burn-out, un chiffre en augmentation au cours des 10 dernières années.

Le KCE appelle, dès lors, dans un premier temps, à augmenter les effectifs de 1.629 équivalents temps plein, c'est-à-dire un budget annuel supplémentaire de près de 118 millions d'euros. "Cette mesure doit être considérée comme une mesure d'urgence, et comme le minimum absolu de ce qui doit être entrepris", insiste le KCE.

Dans un second temps, le KCE recommande de fixer un nombre optimal de patients par infirmier, par type de service (en fonction de l'intensité des soins et du type de pathologie) et par équipe (jour/nuit). "Pour les services de chirurgie, de médecine interne, de gériatrie, de revalidation et de pédiatrie, ce renfort représente environ 5.500 infirmiers à temps plein, pour un budget annuel supplémentaire de plus de 403 millions d'euros", spécifie le KCE.

Le centre d'expertise conseille encore que les tâches qui ne relèvent pas des soins infirmiers soient prises en charge par d'autres professionnels, ce qui permettrait "d'augmenter l'attrait de la profession, d'y attirer un plus grand nombre de nouvelles recrues et de diminuer le nombre d'abandons".

Année internationale des infirmières

Le Parlement fédéral a récemment approuvé la création d'un fonds "blouses blanches", doté de 400 millions d'euros. Le budget ainsi dégagé doit permettre d'engager du personnel de santé supplémentaire. Le KCE préconise toutefois que des moyens supplémentaires soient investis chaque année, de façon structurelle, et que l'on veille à ce qu'ils soient utilisés efficacement pour réduire le nombre de patients par infirmier dans les services où c'est le plus nécessaire.

Hasard de calendrier ou pas, l'appel du KCE à augmenter la dotation infirmière intervient alors que 2020 a été décrétée "année internationale des infirmiers". Celle-ci marque en effet le 200e anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, figure de proue de la profession.

Maggie De Block mise aussi sur les réseaux hospitaliers

Maggie De Block rappelle que " les infirmiers jouent un rôle majeur dans le cadre des soins hospitaliers, car ils sont non seulement proche des patients, mais aussi des médecins et des autres prestataires de soins. Leur importance ne fera que se renforcer dans les prochaines années, étant donné que les besoins de citoyens en matière de soins ne cessent d'augmenter ".

La ministre Open-VLD liste les progrès réalisés ces dernières années : tout d'abord, " des moyens supplémentaires ont été octroyés dans le cadre des accords sociaux pour le personnel des établissements de soins fédéraux publics et privés ". Les partenaires sociaux doivent maintenant les utiliser.

Elle rappelle la récente étude du KCE sur les maternités qui démontre que des leviers existent pour mieux utiliser les moyens disponibles en optimalisant l'offre en soins.

La balle est aussi dans le camp des Régions qui ont hérité des compétences en matière de normes d'encadrement.

En outre, au niveau du contenu, Maggie De Block souligne que le régime légal pour les infirmières hautement spécialisées a enrichi le métier de davantage d'options ce qui vaut revalorisation.

Elle cite encore la Loi qualité qui " veille à ce que le patient bénéficie de soins de la meilleure qualité possible, et ce, peu importe l'endroit où le moment auquel ils sont dispensés ".

La répartition des tâches avec les aide-soignants devrait soulager le personnel infirmier. " Nous devons oser repenser fondamentalement le métier d'infirmier et repenser la délégation de certaines tâches. C'est une manière de pouvoir utiliser chaque prestataire de soins là où il/elle peut faire la plus grande différence pour le patient. Les hôpitaux doivent choisir la manière de répartir leurs moyens entre les différents besoins de soins et rendre le métier d'infirmier plus attrayant "... La ministre ne croit pas qu'injecter de l'argent dans " des rouages mal huilés " servira à quelque chose.

Enfin, le cadre infirmier réel diffère entre les hôpitaux, de 6,1 à 12,7 patients par infirmier, la preuve pour la ministre que certains hôpitaux y arrivent. Ils doivent servir d'exemple pour les autres.

Concrètement, l'étude révèle que les infirmiers qui travaillent dans les hôpitaux belges s'occupent en moyenne de 9,4 patients (contre 11 en 2009), alors que l'on admet généralement, à l'échelon international, que la sécurité du patient n'est plus assurée au-delà de huit patients par infirmier. Si le personnel infirmier a augmenté en milieu hospitalier au cours des dix dernières années - entraînant une légère diminution du nombre de patients par infirmier-, leur nombre reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants de soins, pointe le KCE. Les infirmiers interrogés ont notamment indiqué qu'ils étaient de plus en plus souvent dans l'impossibilité, par manque de temps, de réaliser tous les soins nécessaires. A leurs yeux, ce problème n'a fait que s'aggraver au cours des dix dernières années, entre autres parce qu'ils doivent effectuer de nombreuses tâches pour lesquelles ils sont surqualifiés, comme par exemple servir des repas ou véhiculer des patients. Cette surcharge de travail a pour corollaire que certains soins nécessaires ne sont pas fournis. Ainsi, 37% des infirmiers sondés ont signalé ne pas avoir pu surveiller correctement leurs patients ni les changer de position (prévention des escarres) au cours de leur dernière prestation. L'étude montre encore qu'un infirmier sur quatre n'est pas satisfait de son travail et que 10% envisagent de quitter la profession. Trente-six pour cent présentent par ailleurs un risque de burn-out, un chiffre en augmentation au cours des 10 dernières années. Le KCE appelle, dès lors, dans un premier temps, à augmenter les effectifs de 1.629 équivalents temps plein, c'est-à-dire un budget annuel supplémentaire de près de 118 millions d'euros. "Cette mesure doit être considérée comme une mesure d'urgence, et comme le minimum absolu de ce qui doit être entrepris", insiste le KCE. Dans un second temps, le KCE recommande de fixer un nombre optimal de patients par infirmier, par type de service (en fonction de l'intensité des soins et du type de pathologie) et par équipe (jour/nuit). "Pour les services de chirurgie, de médecine interne, de gériatrie, de revalidation et de pédiatrie, ce renfort représente environ 5.500 infirmiers à temps plein, pour un budget annuel supplémentaire de plus de 403 millions d'euros", spécifie le KCE. Le centre d'expertise conseille encore que les tâches qui ne relèvent pas des soins infirmiers soient prises en charge par d'autres professionnels, ce qui permettrait "d'augmenter l'attrait de la profession, d'y attirer un plus grand nombre de nouvelles recrues et de diminuer le nombre d'abandons". Le Parlement fédéral a récemment approuvé la création d'un fonds "blouses blanches", doté de 400 millions d'euros. Le budget ainsi dégagé doit permettre d'engager du personnel de santé supplémentaire. Le KCE préconise toutefois que des moyens supplémentaires soient investis chaque année, de façon structurelle, et que l'on veille à ce qu'ils soient utilisés efficacement pour réduire le nombre de patients par infirmier dans les services où c'est le plus nécessaire. Hasard de calendrier ou pas, l'appel du KCE à augmenter la dotation infirmière intervient alors que 2020 a été décrétée "année internationale des infirmiers". Celle-ci marque en effet le 200e anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, figure de proue de la profession.