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"A son stade de maturation actuel, le dispositif Recip-e réclame au médecin qui l'emploie temps et énergie, au détriment de sa mission première: soigner", regrette la Société scientifique de médecine générale (SSMG).La SSMG estime que l'e-prescription - transitant par le serveur Recip-e - expose au quotidien les généralistes à un "système en passe de devenir obligatoire mais qui connaît encore énormément de ratés." Et de souligner que les difficultés sont tellement nombreuses que "l'Inami prévoit explicitement que ses deux usagers professionnels - le prescripteur d'un côté et le pharmacien de l'autre - puissent invoquer la force majeure en cas de problème technique temporaire ou persistant, et contourner le système.""Même si on fait abstraction de ces bugs, la prescription électronique appelle des exceptions... ou sera synonyme d'exclusions, préviennent Thomas Orban et Thierry Van der Schueren, respectivement vice-président et secrétaire général de la SSMG. On oublie un peu vite, par exemple, qu'elle réclame un environnement et un équipement (PC, imprimante, lecteur de carte d'identité électronique, connexion internet de qualité...) qui ne sont pas forcément présents dans une situation spécifique à la médecine générale: la visite à domicile. Les généralistes vont-ils être amenés à renoncer au domicile à cause de la prescription électronique? Et qu'a-t-on prévu dans les maisons de repos et de soins, pour qu'ils puissent continuer à prescrire leur(s) traitement(s) aux résidents?" La SSMG craint l'exclusion définitive d'une série de médecins du circuit. Ceux qui ne sont pas informatisés, les retraités ayant diminué mais pas stoppé leur pratique, les spécialistes qui prescrivent traditionnellement peu, les médecins exerçant en institutions publiques ou privées... "Les autorités ne devraient-elles pas prévoir, pour éviter leur mise hors-jeu, des solutions techniques comme de petits logiciels de prescription qui soient indépendants d'un logiciel médical labélisé?", propose la SSMG. Les Drs Orban et Thierry Van der Schueren estiment également que les bugs de l'e-prescription sont particulièrement toxiques pour la sérénité du médecin généraliste. Autres critiques relevées par les utilisateurs: un taux d'échec des transmissions trop élevé et la suppression des possibilités de prescription existant en filière papier (magistrales, stupéfiants...). "Au stade actuel de développement de l'e-prescription, la SSMG voit dans celle-ci un risque si pas de dégradation des relations médecins-pharmaciens-patients, à tout le moins d'incompréhensions et de tracasseries."