"Depuis 20 ans, nous travaillons à Panzi, à l'est du Congo, sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles", explique Dr Mukwege. "Nous nous sommes rendus compte que la prise en charge médicale n'était pas suffisante mais qu'il fallait aussi prendre en charge l'aspect psychologique, socio-économique" et qu'un soutien légal était nécessaire.

Ce modèle mis en place "permet aux femmes de ne plus être des victimes mais des survivantes, et même des actrices du changement social".

En outre, la femme ou la fille victime "entre une seule fois dans le système et toutes les questions sont prises en charge. Quand elle rencontre un nouvel intervenant, elle ne doit pas à chaque fois raconter ce qu'il s'est passé".

Pour renforcer et exporter ce modèle, une recherche scientifique est nécessaire et c'est tout le sens de la chaire Mukwege créée à l'ULiège, selon le docteur congolais. "Il doit encore être davantage documenté. Les recherches vont aider à mieux établir un modèle de prise en charge holistique", estime-t-il.

Le congrès qui se tiendra en novembre constituera une plateforme pour les scientifiques mais aussi les ONG et associations qui travaillent sur le terrain, explique l'ULiège sur son site. Il se concentrera sur le phénomène du viol comme arme de guerre et plus spécifiquement sur le viol de très jeunes enfants, parfois des bébés de quelques mois. "Cette pratique abominable pose la question de la prévention de cette violence et de ses origines", avance l'université liégeoise, "mais aussi de sa réparation, de la reconstruction tant médicale que psychologique de ces jeunes enfants et enfin de l'avenir: que deviendront ces témoins vivants de la barbarie des hommes ?"