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Smriti Mallapaty écrit : " La pandémie balaie l'Inde à un rythme qui a stupéfié les scientifiques. Le nombre de cas quotidiens a explosé depuis le début du mois de mars : le gouvernement a fait état de 273.810 nouvelles infections au niveau national le 18 avril. Le nombre élevé de cas en Inde a également contribué à porter le nombre de cas dans le monde à 854.855 au cours de la semaine écoulée, battant presque le record établi en janvier. "On aurait pu croire que le pire était derrière eux surtout à Delhi et Chennai vu le nombre d'infectés mais il n'en a rien été. La cause principale serait l'émergence de variants très infectieux, une faible couverture vaccinale et une augmentation des rapports sociaux.L'Inde connaît un pic comparable aux Etats-Unis le 2 janvier par exemple (300.000 cas observés) alors que le dernier pic en septembre dernier n'était " que " de 100.000 infections quotidiennes. Le nombre élevé de cas en Inde a également contribué à porter le nombre de cas dans le monde à 854.855 au cours de la semaine écoulée, battant presque le record établi en janvier.Interrogé par Nature, le chercheur spécialisé en médecine pulmonaire, Zarir Udwadia, du centre de recherche médicale P D Hinduja de Mumbai, parle d'une situation " cauchemardesque " dans les hôpitaux, où les lits et les traitements sont extrêmement rares. Même état de surprise pour Shahid Jameel, virologue à l'université Ashoka de Sonipat.La surprise vient du fait qu'un cinquième de la population indienne (271 millions d'habitants sur 1,4 milliard) et 50% des habitants des grandes villes ont déjà été exposés au virus et auraient dû être protégés par une forme d'immunité.Selon Mme Gagandeep Kang, virologue au Christian Medical College de Vellore, en Inde " le virus peut pénétrer dans des populations qui étaient auparavant capables de se protéger. Il pourrait s'agir de communautés urbaines plus riches, dans lesquelles les gens se sont isolés lors de la première vague mais ont commencé à se mélanger lors de la seconde ".Certains suggèrent qu'on observe l'émergence de variants. Le Pr Udwadia observe que " des ménages entiers sont désormais infectés, contrairement à la première vague du Covid-19, où des individus isolés étaient testés positifs. Si une personne de la famille est infectée, je peux garantir que tous les membres de la famille le sont aussi. "Un nouveau variant potentiellement inquiétant a été identifié en Inde à la fin de l'année dernière, connue sous le nom de B.1.617. Il est devenu dominant dans l'État du Maharashtra. " B.1.617 a attiré l'attention car il contient deux mutations qui ont été liées à une transmissibilité accrue ", écrit Nature.D'autres chercheurs soulignent toutefois que les variants ne sont qu'une petite partie de la flambée d'infections. C'est le constat d'Anurag Agrawal, directeur de l'Institut CSIR de génomique et de biologie à New Delhi.Pour Srinath Reddy, épidémiologiste et directeur de la Public Health Foundation of India à New Delhi, c'est plutôt dû au fait que les gens baissent la garde et recommencent à voyager et à se " mélanger ", croyant que la pandémie est vaincue.En outre, certaines personnes se feraient infecter dans les centres de vaccination où règne une grande promiscuité." Plus de 120 millions de doses ont été administrées, principalement d'une version produite en Inde du vaccin Oxford-AstraZeneca appelé Covishield. Mais comme cela représente moins de 10 % de la population indienne, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. En particulier, l'Inde doit intensifier les vaccinations dans les régions les plus durement touchées ", conclut la Pr Kang.doi: https://doi.org/10.1038/d41586-021-01059-y