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Chaque cercle est tenu de mettre à jour le cadastre des médecins généralistes de son giron. Une obligation qui permet à l'Aviq d'octroyer la prime impulseo aux nouveaux venus en zone de pénurie.Depuis dix ans, chaque année, Gianni Maraschiello, responsable administratif de la Fédération des associations des médecins généralistes de la région de Charleroi (FAGC), arrête le compteur en juillet pour avoir un regard sur l'évolution du contingent de médecins généralistes au sein de ce bassin de 440.064 âmes au dernier relevé.Résultat : en juillet 2019, il y avait 412 médecins dans la grande région de Charleroi. Soit un médecin pour 1.068 habitants. Selon les seuils Impulseo qui définissent une zone en pénurie lorsque la barre ne dépasse pas les 90 MG/100.000 habitants (un médecin pour 1.111 habitants), le bassin évite de peu la pénurie. Mais si l'on se penche sur les 24 secteurs géographiques fédérés par la FAGC, dix sont considérés en pénurie, et d'autres pourraient s'ajouter si un seul médecin décidait de partir vers d'autres horizions.Autre information : 315 médecins sont disponibles pour la garde. Soit 76% de l'effectif carolorégien. " C'est interpellant ", note Gianni Maraschiello. " La baisse de l'effectif de la garde est plus grande que la baisse de l'effectif global, et la charge de travail reste la même. C'est problématique."Au-delà du constat de la pénurie relative, l'analyse de la pyramide des âges permet de dresser, ou plutôt confirmer, deux constats : le vieillissement et la féminisation du contingent de généralistes. " Effectivement, une grande partie des généralistes - c'est un phénomène global - a plus de 60 ans ", confirme Gianni Maraschiello. " Les 100 médecins de plus de 65 ans ne font plus les gardes et les 86 généralistes entre 60 et 65 ans n'assureront plus les gardes d'ici cinq ans. C'est un chiffre interpellant. On va arriver à une situation de départ massif pour la garde, et pour l'activité de médecine générale dans la région. "" On constate également la féminisation de la profession, qui s'accompagne d'un changement de pratique ", continue l'intéressé . " Les plus âgés sont essentiellement des hommes (78.5% des plus de 60 ans sont des hommes, NDLR) travaillant en solo, tandis que les jeunes sont plus souvent des femmes (66% des moins de 40 ans sont des femmes) et préfèrent la pratique groupée. Les jeunes abordent la médecine d'une autre façon, avec une recherche d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. "Le contingent a perdu 16 médecins en moins de dix ans (428 médecins en 2011 pour 412 en 2019). C'est peu, mais c'est suffisant pour que la région se retrouve à un point de rupture. " On ne peut pas trop extrapoler sur le futur, mais l'effectif continuera sans doute à diminuer dans les années à venir. La baisse sera relative, car l'effet papy-boom qui se fait indéniablement ressentir sera compensé en partie par la double cohorte. Cela va influencer les choses de manière positive dans un moment crucial. C'est une heureuse coïncidence. "Si la baisse chiffrée est relative, il y aura par contre une perte en temps de travail effectué, due essentiellement au changement de pratique entre les plus anciens et les plus jeunes. " Le temps de travail effectif doit également être pris en compte ", confirme Gianni Maraschiello. " La volonté d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée implique un temps de travail effectif réduit par rapport aux plus âgés qui avaient une autre vision de la pratique médicale. Cela devra être compensé par d'autres solutions. " Exemple concret pour le cercle carolorégien : améliorer l'attractivité de la région pour les jeunes assistants afin qu'ils choisissent de rester. Un défi que relève la FAGC avec brio depuis quelques années maintenant, grâce à des initiatives menées pour alléger le fardeau de la garde notamment.