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Réagissant aux articles de la presse flamande annonçant la volonté du CPAS anversois de ne plus financer automatiquement les soins de sans-papier séropositifs, Mme Homans précise que les illégaux nécessitant un traitement antirétroviral sont, dans la pratique, presque tous aidés à Anvers. Selon elle, le CPAS de la ville portuaire va d'ailleurs plus loin que les règles fédérales en la matière. Pour l'avenir, elle recommande à la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) et à la secrétaire d'Etat à l'Immigration Maggie De Block (Open Vld) de lier l'aide médicale d'urgence aux illégaux à la signature d'une déclaration de retour volontaire. "Nous assurerons de la sorte les soins les plus urgents, et nous éviterons une menace éventuelle pour la santé publique", défend Mme Homans. "La question est de savoir si un antirétroviral doit par définition toujours être administré à des personnes qui séjournent illégalement et qui ont déjà reçu un ordre de quitter le territoire", interroge l'élue nationaliste dans un communiqué. "Notre réponse à cette question est nuancée, et le CPAS d'Anvers préconise une approche au cas par cas". Celle-ci pointe le fait que l'autorité fédérale ne rembourse aux CPAS le coût des soins urgents comme les antirétroviraux que si ceux-ci répondent à un certain nombre de critères, comme la disponibilité du médicament dans le pays d'origine ou l'éventuel refus d'une régularisation du patient pour raison médicale. "L'année passée, le CPAS a déboursé plus de 250.000 euros de sa poche pour offrir un traitement d'urgence à des étrangers en situation illégale. C'est la preuve qu'Anvers est plus souple que ce que prescrivent les règles fédérales". Le cabinet de Maggie De Block s'est déclaré surpris par ces déclarations. La secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration a souligné qu'à l'heure actuelle, tous les coûts de ce type de prise en charge sont remboursés intégralement par l'Etat fédéral aux CPAS. "Nous ne comprenons vraiment pas cette proposition. Veut-on qu'une personne gravement malade, qui refuse de s'engager sur une telle voie, soit renvoyée à la rue et y perde la vie. Cela n'est tout de même pas possible", a réagi la porte-parole de Maggie De Block. Celle-ci a rappelé l'existence d'un arrêté royal de 1966 précisant que les personnes en séjour illégal ont droit à une aide médicale urgente si elles disposent d'une attestation médicale. "Le jugement médical est donc dans les mains du médecin, pas du CPAS", a-t-elle ajouté, rappelant qu'il revenait par contre au CPAS de vérifier si la personne est bien dans le besoin. Selon elle, le dispositif actuel va changer prochainement. Un nouveau dispositif de contrôle va être mis au point. Il en résultera que les frais médicaux ne seront plus pris en charge par le CPAS, mais par la Caisse Auxiliaire d'Assurance Maladie Invalidité. Celle-ci peut faire appel à un médecin conseil. D'après Belga