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L'engouement croissant des Belges pour les interventions médicales de type esthétique a poussé la classe politique à agir pour combler l'absence de cadre légal dans cette matière. Des actes de médecine esthétique, y compris la chirurgie, peuvent pour le moment encore être accomplis par tout titulaire d'un diplôme de médecine. Et le manque de définition légale de ces actes médicaux spécifiques permettent même leur pratique par des personnes qui ne sont pas médecins. Un état de fait qui peut mener à de nombreuses dérives et à un réel danger pour la santé publique. Un premier pas vers plus de transparence a été franchi en 2011 avec le vote d'une proposition de loi interdisant la publicité pour les actes d'esthétique médicale et autorisant l'information à ce sujet. Aujourd'hui, il s'agit de franchir un pas supplémentaire en proposant un amendement réglementant les qualifications requises à l'exercice de la médecine esthétique. Il s'agira ainsi de réserver les prestations de médecine et de chirurgie esthétique aux médecins exclusivement. Partant de là, le législateur s'est imposé de définir les compétences de chaque genre de prestataires, faisant la distinction notamment entre chirurgie esthétique et médecine esthétique non-chirurgicale. Que l'on soit dermatologue, chirurgien esthétique ou médecin esthétique n'ouvrira donc plus le droit aux mêmes actes.Par exemple, les traitements au botox, l'injection de produits de comblement ou encore le détatouage seront confiés aux seuls médecins esthétiques et spécialistes habilités. Les actes de chirurgie plastique ou reconstructrice seront l'apanage des chirurgiens spécialisés en cette matière. La greffe capillaire ou la lipo-aspiration seront du ressort du dermatologue, tout comme certains autres actes de médecine ou de chirurgie esthétique spécifiquement définis. Les compétences obéissent à un arbre pyramidal. Ainsi, les chirurgiens peuvent tout pratiquer, les dermatologues pratiquent les actes de leur spécialité et tous les traitements lasers mais les médecins esthétiques doivent se cantonner aux actes qui leur sont réservés, par exemple ils ne peuvent pas faire une liposuccion supérieure à un litre.Les esthéticien(ne)s pourront de plus continuer à pratiquer l'épilation au laser moyennant le suivi d'une formation en ce domaine. Un Collège de l'esthétique médicale qui donnera des avis sera créé afin d'aider le ministre en charge à appréhender les évolutions des techniques dans cette discipline spécifique de la médecine et à légiférer de façon pertinente. Le nouveau cadre légal prévoit aussi une protection des mineurs d'âge, très influençables par les modes. Une rencontre avec un psychologue ou un psychiatre sera obligatoire avant toute intervention. Des règles plus strictes sont imposées dans le cas d'une intervention de chirurgie esthétique, notamment un délai de réflexion de quinze jours entre la consultation et une éventuelle intervention.