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Des départs massifs à un rythme de plus en plus soutenu. Depuis 2010, plus de 7.500 médecins ont quitté la Grèce, s'inquiète l'association athénienne. Alors que jusqu'en 2009, la moyenne des médecins émigrant tournait autour de 550 personnes. Et au cours des six derniers mois, l'ISA a déjà dû émettre 790 certificats de compétence, l'un des formulaires nécessaires au personnel médical pour exercer à l'étranger." L'une des plus grandes pertes causées par la crise, c'est la fuite de nos cerveaux ", confiait encore récemment au quotidien grec Kathimerini le directeur de l'association, Giorgos Patoulis. " Dans très peu de temps, le système de santé disposera d'un personnel trop âgé et sera incapable d'assurer les services ".Aucun professionnel de la santé n'est épargné. Ainsi, plus de 8.000 infirmières qualifiées sont actuellement sans emploi. Tandis qu'elles sont environ 350 à s'expatrier ces dernières années, contre une septantaine en 2010. Conflits d'intérêts L'organisation nationale pour le service de soins de santé (EOPPY), plus grand employeur du secteur en Grèce, a dernièrement menacé de mettre un terme aux contrats de travail qui la liait avec ses médecins. Et ce, en représailles des menaces de mouvement de grève partielle brandies par ces mêmes praticiens. Cela fait plusieurs mois que certains médecins ne sont effectivement plus rémunérés.En parallèle, les autorités d'Athènes se montrent désormais nettement plus zélées dans le contrôle des impôts. La justice grecque s'apprêterait à ordonner la confiscation de biens appartenant à plus de 400 médecins exerçant dans le public, lesquels n'ont pas réussi à justifier de l'argent placé sur des comptes bancaires à l'étranger. Le fisc enquête sur 100.000 euros de transactions effectuées depuis 2009 par ces médecins de l'État.