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Le Journal du médecin : Comment se porte la Clinique Saint-Jean ?Vic De Corte, directrice générale : Notre hôpital, situé au coeur de Bruxelles, existe depuis plus de huit siècles. Il jouit d'une bonne réputation grâce à la qualité des soins administrés depuis sa création. Depuis quelques années, l'hôpital s'est replié un peu sur soi et a peu investi tant dans l'infrastructure, que dans la technologie ou les compétences du personnel. Le bilan financier de l'hôpital est bon. Nous pouvons réaliser des investissements. Nous devons redresser l'activité médicale qui a un peu chuté ces dernières années.L'hôpital reste-t-il attractif ?V.D.C. : Nous comptons relever le défi d'attirer les patients qui habitent au coeur de Bruxelles et aussi les navetteurs qui viennent travailler en Région bruxelloise. De milliers de travailleurs, qui habitent en dehors de Bruxelles, sont intéressés de réaliser des examens ou de consulter un médecin durant l'heure du midi ou le soir après le bureau.Comment comptez-vous vous y prendre ?V. D.C. : Une nouvelle équipe de direction a été constituée, composée du Dr Kenneth Coenye, directeur médical, et de moi-même. Le nouveau conseil médical a été élu il y a un an et le conseil d'administration de l'hôpital a été renforcé.Voulez-vous développer certaines activités médicales spécifiques ?Dr Kenneth Coenye : La Clinique Saint-Jean est avant tout un hôpital de proximité. Notre patientèle a énormément changé en une cinquantaine d'années. Il y a une époque les néerlandophones de Kraainem, de Zaventem... la famille royale venait se faire soigner dans notre institution. Aujourd'hui, notre bassin de soins et nos patients ont changé. Notre patientèle est très multiculturelle. Elle demande une médecine de qualité, accessible à tout le monde. L'hôpital a toujours eu des services de cardiologie et de chirurgie cardiaque de pointe.V.D.C. : Les réseaux locorégionaux vont être un levier de développement pour notre hôpital. Nous pouvons apporter au réseau la spécificité d'un hôpital de proximité, situé au coeur de Bruxelles. Chacun des partenaires va apporter sa pierre. Nous voulons aussi développer le site Méridien en tant que polyclinique et notre site Léopold I, situé à Jette, spécialisé dans la revalidation et la gériatrie.Comptez-vous recruter de nouveaux médecins pour augmenter votre activité ?Dr K.C. : Il ne faut pas avoir beaucoup de médecins pour avoir beaucoup de patients. Je crois plus en l'importance d'un projet médical de service, qui rassemble les médecins autour d'objectifs. Il est important d'avoir une véritable cohésion entre les médecins. Dans certains hôpitaux, il est très difficile de développer des projets. Ici, nous comptons continuer à créer des itinéraires cliniques autour du patient. Les prestataires vont tourner autour de ce patient. Nous créons des cliniques spécialisées pour permettre aux patients concernés de se rendre à un seul endroit. Nous visons une bonne collaboration avec les médecins généralistes en leur présentant nos différents itinéraires cliniques. Récemment, nous leur avons présenté celui sur l'hypertension.Plus d'accessibilité et de flexibilitéV.D.C. : En plus du projet médical, nous voulons aussi augmenter l'attractivité de l'hôpital en le rendant plus accessible. Actuellement, notre institution n'est pas facilement accessible. Nous allons aussi renforcer notre présence via les canaux digitaux. Nous comptons aussi adapter notre organisation en la tournant vers les patients. A cette fin, nous avons engagé un nouveau directeur, un " patient experience officer ".Concrètement, cette accessibilité concerne-t-elle la politique tarifaire pratiquée par les médecins ?Dr. K.C. : Oui, elle va être plus transparente. La manière dont on peut prendre rendez-vous va également être simplifiée. Les médecins pourront aussi être plus mobiles, par exemple, en étant présents hors de nos murs. Nous regardons actuellement la possibilité d'élargir nos heures d'ouvertures pour permettre aux patients de prendre des rendez-vous après les heures de bureau.Ce changement de fonctionnement va prendre combien de temps ?V.D.C. : De trois à cinq ans, mais le changement va être progressif.Les collaborateurs de l'hôpital adhérent-ils à votre nouvelle stratégie ?V.D.C. : Nous sommes en train de présenter notre projet au personnel. Nous l'avons déjà expliqué aux médecins et aux cadres moyens. Malgré la période difficile que l'institution a connue, tant le personnel que les médecins restent engagés et fort attachés à la clinique.Dr K. C. : Les médecins généralistes déclarent ne pas avoir ressenti les problèmes internes à Saint-Jean parce que la médecine est toujours restée de qualité. Tant mieux. L'hôpital n'a pas perdu son crédit vis-à-vis de la première ligne. Notre bonne réputation joue en notre faveur. Un réseau naturelQuatre réseaux loco-régionaux vont voir le jour à Bruxelles. Où en êtes-vous ?V.D.C. : Nous sommes en discussion. Nous avons un réseau naturel avec les Cliniques universitaires Saint-Luc et les Cliniques de l'Europe. Les accords de collaboration que nous avons conclus récemment avec les Cliniques Saint-Luc, en orthopédie et radiothérapie, confirment notre volonté de travailler ensemble. Nous avons un partenariat avec les Cliniques de l'Europe depuis des années. Nous réalisons des consultations croisées en chirurgie cardiaque, en gastro-entérologie, des intervisions en psychologie... Plusieurs configurations sont encore possibles. Nous sommes bientôt prêts à former un réseau.Dr K. C. : La Clinique Saint-Jean est un hôpital général de proximité dont les médecins sont des indépendants qui exercent dans des hôpitaux de proximité. Au niveau du réseau loco-régional, les pathologies lourdes pourront être organisées et réparties entre tous les partenaires du réseau.V. D. C. : Nous comptons aussi développer une relation préférentielle avec l'UZ Brussel pour référer les patients néerlandophones que nous prenons en charge. Tout en sachant que chaque patient est évidemment libre de choisir où il veut être pris en charge.Au niveau des infrastructures, quels sont vos projets ?Dr K. C. : Tout ce qui n'a pas encore été rénové va l'être, à la fois sur le site Botanique et Méridien. Les bâtiments vétustes, qui abritent encore des unités de soins, vont être complètement modernisés. Les générateurs, le chauffage central... vont être remplacés.V.D.C. : Nous devons proposer un niveau de confort qui correspond aux attentes des patients.