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Et "nous allons continuer" pour développer les infrastructures hospitalières sur cette île de 310 km2 qui abrite quelque 240.000 personnes - habitants, mais aussi réfugiés et déplacés de guerre -, a annoncé vendredi le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, de passage par Idjwi lors d'un déplacement entre les chefs-lieux des provinces Sud- et Nord-Kivu, Bukavu et Goma. Du temps de la colonisation belge du Congo (1908-1960), l'île fut gérée en concession par trois générations de membres de la famille des princes de Ligne. Depuis plus de vingt ans, ces concessions ont été reprises par une riche famille congolaise, les Bisengimana, qui exploite toujours des plantations de café et de quinquina (utilisée pour fabriquer le quinine). La population vit presque exclusivement de pêche et d'agriculture, même si les bananiers sont frappés d'une maladie, le wilt. Et les responsables locaux se plaignent de pillages des forêts par les réfugiés (pour fabriquer du charbon de bois), de pêche "anarchique" par des Rwandais ainsi que de vols de produits agricoles. Son isolement, s'il a permis à Idjwi de n'être pas directement touchée par les guerres et les rébellions qui ont frappé la région, a aussi retardé son développement. C'est pourquoi toute aide est bienvenue, ont expliqué les responsables insulaires, en réclamant davantage d'aide au gouvernement belge. En 2007, la Belgique a ainsi accepté de contribuer à la réhabiliation des infrastructures de santé, à la construction de maisons ou les équipes médicales de passage, aux équipements médicaux et à l'achat de médicaments essentiels. Les structures ciblées étaient principalement l'hôpital général de référence de Monvu (sud), doté de 95 lits, et le centre hospitalier de Bugurula (sud), possédant 56 lits."On tentera d'aller plus loin" que les 450.000 euros déjà accordés, a affirmé M. Reynders.La section belge de l'ordre de Malte a pour sa part annoncé vendredi, par la voix de son ambassadeur en Belgique, Geoffroy de Liedekerke, l'octroi de 50.000 euros pour la réhabilitation des centres de santé périphériques de l'île, qui en compte 21 au total.