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Les chercheurs ont détaillé les rencontres entre 47 patients et 39 médecins d'un hôpital public américain entre 2011 et 2013. Les personnes souffraient de diabète de type 2, d'arthrite rhumatoïde, d'insuffisance cardiaque congestive et parfois de plus d'une de ces maladies chroniques.Les patients ont été interrogés par téléphone avant leur rendez-vous, filmées durant, et interrogés à nouveau par téléphone après leur visite. Sur base des enregistrements vidéo, les chercheurs ont quantifié le nombre de fois où le médecin utilisait l'ordinateur pendant la rencontre, sur une échelle de 1 à 12.Les données consultées par le médecin servaient, on s'en doute, à examiner les résultats de tests, assurer le suivi, modifier le traitement ou référer à un spécialiste.Lors de l'entretien téléphonique suivant la consultation, les patients devaient évaluer la qualité des soins reçus durant les six derniers mois.Seule la moitié des 25 praticiens avec un recours intensif au PC ont récolté d'excellentes évaluations de leurs patients, contre l'écrasante majorité (plus de 80%) des médecins à l'usage plus sporadique des données électroniques, indique l'étude.En fait, les médecins qui passent le plus de temps à vérifier les données électroniques le font au détriment de la relation, l'échange avec le patient, et tendent ainsi à créer un climat négatif, corrigeant l'historique médical ou la médication. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, tiennent à préciser les auteurs de l'étude.Mais les patients ont le sentiment d'être écoutés moins attentivement. Les médecins vissés à leur ordinateur peuvent perdre une nuance émotionnelle du patient. Ce qui pourrait paraître anecdotique. Toutefois, lorsque deux personnes accordent de l'attention à un même élément au même moment, la transmission de l'information est optimale.La présence de technologies dans la salle d'examen n'est pas saine ou nocive en soi. Cependant, les médecins doivent veiller à recourir à ces technologies pour aider le patient à se sentir le plus à l'aise possible. Dans ce cas, il suffirait de tourner l'écran vers le patient ou lui expliquer pourquoi vous utilisez le PC.