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La ville a toujours été donné le ton en matière d'obésité. Ses habitants se voient proposer une offre gargantuesque de produits alimentaires, dont les plats préparés, riches en graisses et en hydrates de carbone. Dans les agglomérations à forte densité de population, les citadins disposent de plus de moyens de transport, même pour des courtes distances. Au regard de la population des campagnes, leur emploi est plus fixe et ils ont accès à toutes sortes d'événements dans un périmètre limité autour de leur habitat.C'était surtout dans les pays aux revenus bas que le contraste entre villes et campagnes était le plus plus flagrant, du fait des grands écarts au niveau professionnel et récréatif, ce compris l'accessibilité des moyens de communication en ligne. En outre, le commerce de ces villes offraient peu d'autres choix que les produits alimentaires transformés et les boissons fraîches (trop) sucrées. De quoi expliquer la précédente vague d'obésité dans les régions plus pauvres du monde, sur fond d'urbanisation exponentielle.Toutefois, les études transversales comparant les services et les logements de nature communautaire des campagnes et des villes ne portaient pas spécialement sur les tendances. Les bases données étaient en outre relativement limitées.Les chercheurs ont aujourd'hui compilé quelque 2.000 études de population, mesurant la taille du corps et le poids et portant sur 112 millions de personnes, citadines ou campagnardes, issues de pays riches ou non.L'analyse a monté que la hausse moyenne de l'IMC entre 1985 et 2017 était majoritairement (55%) localisée dans les campagnes. Dans certains pays aux revenus bas ou moyens, cette hausse s'élevait même à 80%. L'obésité a donc augmenté plus rapidement à la campagne que dans la ville.Dans les pays aux revenus élevés, la prévalence de l'obésité est en réalité plus haute que dans la ville. Dans les pays aux revenus bas ou moyens, le phénomène continue d'évoluer, mais on prévoit que la campagne rattrapera et dépassera bientôt la ville en termes d'obésité.Selon les auteurs, l'étude nous envoie un message clair : la lutte contre l'obésité s'est exclusivement focalisée sur la ville. Il faut maintenant passer la clôture.