Depuis l'apparition du virus en Afrique de l'Ouest en 1976, plusieurs firmes spécialisées se sont concentrées sur le développement de tests de dépistage. Quatorze tests ont été approuvés par la US Food & Drug Administration ou par l'Organisation mondiale de la santé. Mais, actuellement, seuls quatre tests sont disponibles et il faudra attendre encore longtemps pour les autres, montre l'enquête.

Or ces tests sont indispensables pour dépister les nouveaux cas, déterminer pendant combien de temps le virus reste actif chez les survivants et vérifier la cause des décès.

Le problème, c'est qu'il est difficile pour les entreprises de maintenir la production de ces tests en l'absence d'une épidémie. Quand une nouvelle épidémie survient, la demande explose mais les producteurs n'arrivent pas à suivre. De plus, les frais de production et de distribution sont supérieurs aux recettes.

"Nous préconisons une approche globale et intégrée qui rationalise l'ensemble du processus, du développement à l'utilisation finale sur place. Une sorte d'alliance mondiale où les tests sont en partie financés par les gouvernements et les organisations internationales. Un tel organisme existe dans le domaine des vaccins, mais pas encore pour les tests de dépistage", explique le professeur Kevin Ariën, virologue de l'IMT.

"L'utilisation de tests dans les programmes de surveillance pourrait signifier un marché de vente plus grand, avec l'avantage supplémentaire de pouvoir réagir plus rapidement en cas d'épidémie locale", ajoute-t-il.

Le 15 janvier, les autorités sanitaires congolaises ont annoncé avoir dépassé la barre des 400 décès dans deux provinces de l'est et du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s'agit de la deuxième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée, même si on est loin des 11.300 morts recensés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone entre 2013 et 2016.