Lorsque les peurs l'emportent, c'est souvent le prélude au déclin. Les civilisations ne meurent jamais, elles se suicident toujours. Il est donc temps de se reprendre.

Eh bien justement. Si vous faites un petit tour dans couloirs des (désormais si peu populaires) institutions européennes, vous sentirez un air tout différent. Dans ses innombrables salles de réunion, Parlement, Commission, Conseil européens bruissent de rencontres entre industriels, start-ups, patrons de PME et hommes politiques à la recherche des voies de l'innovation. Ces salles sont pleines à craquer matin comme après-midi. Les lobbyistes s'activent pour faire avancer leur projets, trouver un financement, une oreille attentive. Plus vous réunissez de députés européens plus grande est votre chance de l'emporter.

Récemment, nous avons assisté à l'une d'entre elles, consacrée au lancement de l'Alliance Avicenne (dossier dans le jdM du 21/10). Ce groupe de pression mi-scientifique mi-industriel souhaite arrimer l'Europe à la révolution in silico (simulation physiologique par ordinateur). Celle-ci devrait faire évoluer radicalement les études cliniques vers des solutions à moindre coût pour commencer, et vitaminer la médecine prédictive et personnalisée ensuite. Il y avait là du beau monde de toute l'Europe et des USA. Avicenne n'a toutefois eu droit qu'à 2 députés européens et son président est donc reparti un peu déçu.

Mais contrairement à l'apparence et en ces temps d'euroscepticisme, la "Fédération" européenne est avide de nouvelles technologies.

La "technique" a ses détracteurs mais ils sont de plus en plus nombreux à penser qu'avancer de concert avec les industriels est la seule voie possible pour nous inscrire dans la mondialisation.

Bruxelles imite en cela vaille que vaille Washington. Là-bas, les congressistes, version A, collaborent avec l'industrie ou, version B, se vautrent dans les conflits d'intérêt... La vigilance et la transparence sont donc de mise.