En Europe, la croissance économique étant au point mort, les budgets de la sécurité sociale se retrouvent à l'étroit. En Chine et sur les autres marchés asiatiques, les gouvernements deviennent des plus intransigeants à l'égard des fournisseurs pharma. Tandis qu'aux États-Unis, les candidats à la présidence, Clinton et Trump, promettent tous deux de prendre de nouvelles mesures concernant la fixation des prix.

Dans ce contexte, la tarification des médicaments basée sur les résultats cliniques apparaîtrait comme un bon compromis, entre limitation financière actuelle et investissement dans les soins de demain. Certaines expériences en la matière ont déjà été réalisées. Mais amener l'ensemble du secteur à adopter ce nouveau modèle nécessite un bouleversement de la culture industrielle ainsi qu'une amélioration de la collecte des données.

Le moment de se réinventer

Par le passé, autorités publiques et assureurs privés ont dégagé de la place dans leurs budgets pour les nouveaux médicaments en optant pour les génériques. Mais de nos jours, les génériques représentent presque 90% des prescriptions sur les principaux marchés et moins de traitements phares perdent leur brevet. Ce qui laisse malgré tout un peu de marge pour les nouvelles thérapies en oncologie ou celles destinées aux besoins médicaux pas encore rencontrés.

Cela n'empêche pas les patrons de grands labos de se passer le mot. Plusieurs responsables ont récemment tiré la sonnette d'alarme, signalant que la fixation du prix devenait un défi toujours plus relevé. D'un point de vue réglementaire notamment, certains états américains planchant sur une loi de transparence qui exigerait de publier les coûts de production pour justifier les prix.

Le CEO de Novartis, Joe Jimenez, estime que l'industrie devrait développer un nouveau modèle de pricing autour du rapport qualité-prix. Et il est bien placé pour le savoir puisque le groupe suisse a dû dernièrement en découdre aux Etats-Unis avec deux assureurs. La couverture du nouveau traitement de l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite de Novartis ne sera plus calculée en fonction du nombre de cachets consommés mais bien sur la réduction des admissions (d'assurés) à l'hôpital pour ICFER.

Le prix de l'efficacité

Le système de tarification gagnerait en flexibilité, abaissant les dépenses lorsque les résultats cliniques faiblissent, et vice versa. Certains pays européens ont déjà recours à ce genre de calcul. En Italie par exemple, les données mesurant la réponse des patients sont utilisées dans le cadre financier d'un traitement oncologique.

Le dirigeant de GSK, Andrew Witty, considère que cette approche fondée sur les outcomes devient progressivement la norme dans certaines pathologies, a-t-il précisé à l'agence Reuters. La Fédération européenne de l'industrie pharma (EFPIA) étudie justement les différentes possibilités pour intégrer un pricing lié aux aspects cliniques, à la suite notamment de la baisse des prix en Allemagne qui a poussé certaines entreprises à retirer leurs produits du marché.

Le modèle "pay for performance", notamment évoqué en Belgique par la ministre de la Santé publique dans son plan de réforme du financement hospitalier, a effectivement de fortes chances de se généraliser. Surtout s'il s'invite dans l'agenda des investisseurs du Big Pharma.

Et il y atterrira à coup sûr avec l'arrivée de nouvelles thérapies cellulaires ou géniques, qui pourraient guérir l'hémophilie ou le cancer mais demanderaient des centaines de milliers d'euros pour un seul patient.

Naturellement, les contraintes sont énormes. Les firmes pharmaceutiques et les prestataires de soins devront travailler encore plus ensemble pour démontrer la valeur clinique d'un médicament, et en informer de manière claire les patients. Ce qui implique des pièges juridiques et des poursuites judiciaires.

En Europe, la croissance économique étant au point mort, les budgets de la sécurité sociale se retrouvent à l'étroit. En Chine et sur les autres marchés asiatiques, les gouvernements deviennent des plus intransigeants à l'égard des fournisseurs pharma. Tandis qu'aux États-Unis, les candidats à la présidence, Clinton et Trump, promettent tous deux de prendre de nouvelles mesures concernant la fixation des prix.Dans ce contexte, la tarification des médicaments basée sur les résultats cliniques apparaîtrait comme un bon compromis, entre limitation financière actuelle et investissement dans les soins de demain. Certaines expériences en la matière ont déjà été réalisées. Mais amener l'ensemble du secteur à adopter ce nouveau modèle nécessite un bouleversement de la culture industrielle ainsi qu'une amélioration de la collecte des données.Par le passé, autorités publiques et assureurs privés ont dégagé de la place dans leurs budgets pour les nouveaux médicaments en optant pour les génériques. Mais de nos jours, les génériques représentent presque 90% des prescriptions sur les principaux marchés et moins de traitements phares perdent leur brevet. Ce qui laisse malgré tout un peu de marge pour les nouvelles thérapies en oncologie ou celles destinées aux besoins médicaux pas encore rencontrés.Cela n'empêche pas les patrons de grands labos de se passer le mot. Plusieurs responsables ont récemment tiré la sonnette d'alarme, signalant que la fixation du prix devenait un défi toujours plus relevé. D'un point de vue réglementaire notamment, certains états américains planchant sur une loi de transparence qui exigerait de publier les coûts de production pour justifier les prix.Le CEO de Novartis, Joe Jimenez, estime que l'industrie devrait développer un nouveau modèle de pricing autour du rapport qualité-prix. Et il est bien placé pour le savoir puisque le groupe suisse a dû dernièrement en découdre aux Etats-Unis avec deux assureurs. La couverture du nouveau traitement de l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite de Novartis ne sera plus calculée en fonction du nombre de cachets consommés mais bien sur la réduction des admissions (d'assurés) à l'hôpital pour ICFER.Le système de tarification gagnerait en flexibilité, abaissant les dépenses lorsque les résultats cliniques faiblissent, et vice versa. Certains pays européens ont déjà recours à ce genre de calcul. En Italie par exemple, les données mesurant la réponse des patients sont utilisées dans le cadre financier d'un traitement oncologique.Le dirigeant de GSK, Andrew Witty, considère que cette approche fondée sur les outcomes devient progressivement la norme dans certaines pathologies, a-t-il précisé à l'agence Reuters. La Fédération européenne de l'industrie pharma (EFPIA) étudie justement les différentes possibilités pour intégrer un pricing lié aux aspects cliniques, à la suite notamment de la baisse des prix en Allemagne qui a poussé certaines entreprises à retirer leurs produits du marché.Le modèle "pay for performance", notamment évoqué en Belgique par la ministre de la Santé publique dans son plan de réforme du financement hospitalier, a effectivement de fortes chances de se généraliser. Surtout s'il s'invite dans l'agenda des investisseurs du Big Pharma.Et il y atterrira à coup sûr avec l'arrivée de nouvelles thérapies cellulaires ou géniques, qui pourraient guérir l'hémophilie ou le cancer mais demanderaient des centaines de milliers d'euros pour un seul patient. Naturellement, les contraintes sont énormes. Les firmes pharmaceutiques et les prestataires de soins devront travailler encore plus ensemble pour démontrer la valeur clinique d'un médicament, et en informer de manière claire les patients. Ce qui implique des pièges juridiques et des poursuites judiciaires.