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Cela peut choquer mais c'est un fait : toute une série de publics marginaux (SDF mais aussi sans-papiers) ne sont pas intégrés dans le plan de vaccination national contre le Covid-19. C'est pourquoi la structure Mobivax, composée d'un médecin, d'infirmières, de deux médiateurs culturels de la Croix-Rouge, d'un pharmacien et d'un coordinateur sous l'égide du consortium ci-dessus a décidé d'aller " à la rencontre de ces publics plus vulnérables dans les centres d'hébergement reconnus pour personnes sans abri, mais aussi dans les structures d'hébergement " informelles ", comme des squats par exemple "." Ces groupes vulnérables ont beaucoup moins accès aux soins préventifs et aux soins médicaux ", pointent les quatre asbl. L'équipe est aidée par des personnes parlant plusieurs langues différentes et a fait au préalable un effort de sensibilisation auprès de ces personnes pour les informer de " l'importance de la vaccination, de son caractère volontaire, gratuit et anonyme ".Mobivax visait dans une première phase à contacter et vacciner 5.000 personnes avec le vaccin Johnson & Johnson. Son caractère unidose en faisant le " maître-achat " pour ce public qu'il est difficile voire impossible d'approcher une seconde fois pour la deuxième dose (comme c'est le cas d'un Pfizer, Moderna ou Astra Zeneca).Cependant, le jour même (mercredi), les autorités décidaient de suspendre momentanément la vaccination grand public avec ce vaccin étant donné qu'une patiente belge était décédée des suites de thrombose.Après une réunion jeudi après-midi avec les autorités politiques, la campagne de vaccination à destination des personnes sans abri, des personnes sans papiers et des personnes migrantes a cependant repris ce vendredi 28 mai en Région bruxelloise pour une raison simple : l'absence d'alternative." La vaccination se poursuit avec le vaccin Johnson & Johnson dans la droite ligne des conclusions rendues par la conférence interministérielle Santé publique ce mercredi ", écrivait le consortium jeudi soir (le 27 mai). " Celle-ci préconise de maintenir l'utilisation de ce vaccin pour la vaccination de groupes précaires. Cette population inclut de manière générale les personnes qui ne bénéficient pas d'un accès aux centres de vaccination, tels que les personnes sans abri, migrantes et sans papiers. L'administration d'un vaccin mono-dose présente en effet un avantage important et constitue l'alternative la plus efficace à ce jour pour ce public avec lequel il est difficile de maintenir une connexion stable faute de places en suffisance dans les centres d'hébergement. "Ce vaccin est " l'unique alternative ", précisait Médecins du Monde. " Les nombreuses personnes sans papiers n'ont en effet pas la possibilité de se faire vacciner dans un centre de vaccination, dont l'accès est conditionné par la détention d'un numéro de registre national. "Mais devant le mini-scandale de laisser une partie de la population potentiellement contaminante, le consortium demande " la mise en place rapide d'un accès inconditionnel aux centres de vaccination pour l'ensemble des publics vivant sur le territoire, indépendamment de leur statut administratif, mais aussi de mettre à disposition de Mobivax d'autres vaccins que le J&J ".La poursuite de la vaccination n'est cependant " qu'une solution partielle pour le reste des personnes qui restent invisibles et difficiles à atteindre, en particulier les personnes sans-papiers, ou en migration dans notre pays ", pointe la Croix-Rouge francophone de Belgique. "Le défi est de trouver une solution d'ici la fin de la campagne afin de pouvoir vacciner davantage de personnes appartenant à ces groupes cibles vulnérables", déclarent, en choeur, les quatre organisations philanthropiques.