Cette somme qui correspond aux frais médicaux (tickets modérateurs et suppléments) est environ cinq fois plus élevée que la dépense moyenne des membres des Mutualités libres âgés de 20 à 64 ans (285 euros).

L'incapacité de travail primaire correspond à la première année d'incapacité de travail, après la période de salaire garanti. L'invalidité étant la période d'incapacité de travail qui commence après l'année d'incapacité de travail primaire. Selon l'étude des Mutualités Libres, le taux d'invalidité est en nette augmentation. Se situant à 5% en 1996, il a atteint 8,4% en 2017, au total. Les dépenses qui en découlent ont également augmenté tant pour l'incapacité primaire que pour l'invalidité ; des chiffres atteignant un milliard d'euros en 2007 pour arriver à 1,7 milliard d'euros en 2017 pour le premier, et 2,4 milliards d'euros en 2007 jusqu'à 5,4 milliards d'euros pour le second.

Quels sont les postes de dépenses les plus importants ?

D'après l'étude réalisée auprès de 10.000 membres en incapacité de travail et en invalidité, l'hospitalisation (6.750 euros en moyenne) et les médicaments (1.830 euros en moyenne) sont les postes où les frais sont les plus importants.

En plus des remboursements effectués par l'assurance maladie obligatoire, les patients paient eux-mêmes entre 10 et 15 % du total annuel de leurs frais de soins de santé. C'est pendant les 12 mois d'incapacité de travail primaire que le total de cette dépense annuelle est le plus élevé : 14.059 euros. Pendant la période précédente, la moyenne est de 4.184 euros et pendant l'invalidité, de 7.020 euros.

Un cas sur deux est atteint d'une pathologie chronique

Cette étude révèle également qu'un patient en incapacité de travail sur deux est atteint d'une pathologie chronique. Parmi les maladies chroniques identifiables les plus courantes, on retrouve dans l'étude, l'hypertension (17,1% avant ITP, 21,6% pendant ITP et 23,7% après ITP) et la dépression (14,4% avant ITP, 26,1% pendant ITP de 12 mois et 31,5% après ITP). En plus de la perte de revenus liée à l'incapacité de travail, les malades chroniques doivent également faire face à des suppléments parfois élevés. Des suppléments hospitaliers représentent près de la moitié de leur contribution personnelle. Les pathologies chroniques chez ces patients expliquent en grande partie ces coûts très élevés.

Parmi les traitements les plus courants, pour les personnes qui entrent en invalidité, on retrouve les anti-inflammatoires et/ou les antidouleurs (deux personnes sur trois), les antidépresseurs (une personne sur trois), les antihypertenseurs (une personne sur quatre) et les hospitalisations pour troubles mentaux graves (5,8 %).

Afin de protéger les malades chroniques contre les coûts élevés qu'ils doivent assumer, des mesures pourraient être mises en place, selon les Mutualités libres.

Quid des problèmes de santé au début de l'incapacité de travail primaire ?

Pour faire face aux problèmes de santé au début de l'incapacité de travail, un plan d'action coordonné avec le médecin traitant, le médecin du travail et le médecin-conseil serait nécessaire, plaident les Mutualités libres. Une plate-forme commune pour échanger des données de manière sécurisée serait très utile et permettrait une meilleure collaboration entre ces prestataires de soins.