Il est également différent par son ambition " limitée car nous n'avons pas fondé nos scénarios sur une quelconque évidence, ce à quoi nous sommes accoutumés et aguerris ", expliquent les auteurs. Il s'agit néanmoins d'un rapport important qui conclut une approche en trois parties des régimes subsidiaires, à savoir les détenus dont la santé dépend du ministère de la Justice, les sans-papiers dont l'accès à la santé dépend des CPAS par le biais de l'aide médicale urgente (AMU) et les demandeurs d'asile, dont l'accès à la santé dépend de Fedasil.

Ces rapports sont importants, car d'un point de vue santé, ce sont des groupes extrêmement vulnérables, qui ont des besoins spécifiques en santé. Au niveau santé publique également, la Belgique a tout à gagner à intégrer ces groupes fragilisés dans le régime d'assurance maladie ordinaire, d'abord pour une question d'efficience du système, ensuite pour garantir à tous un accès équitable aux soins, sans exception.

Malheureusement, le gouvernement n'est pas prêt à réformer ces régimes subsidiaires car il est en affaire courante. Malheureusement, ce sont des décisions très administratives, comprenez qui mettent peu en lumière les politiciens. Malheureusement enfin, les bénéficiaires ont peu la parole. Détenus, sans papiers et demandeurs d'asile sont loin de constituer des groupes politiques forts, loin s'en faut. " Est-ce qu'un responsable politique va s'intéresser à la problématique?", questionne Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde. " Il n'y a pas grand monde qui s'intéresse à ces publics. "

Pourtant, le sujet est important.