Implants : 25 millions à des médecins flamands pour "frais de consultance"

28/11/18 à 11:24 - Mise à jour à 11:46

L'an dernier, les sociétés qui commercialisent des implants en Belgique ont déboursé quelque 25 millions d'euros pour séduire le secteur médical, révèlent mercredi Le Soir et De Tijd sur la base de l'enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) sur les incidents avec des implants médicaux. Un médecin dans le cas n'y voit pas une atteinte à son indépendance. L'Ordre des médecins n'y voit pas d'inconvénient pour autant que les conflits d'intérêt soient déclarés.

Implants : 25 millions à des médecins flamands pour "frais de consultance"

© Arne Dedert/dpa

Depuis le 1er janvier 2017, les primes et avantages octroyés au secteur de la santé par l'industrie des médicaments et des produits de santé doivent être déclarés dans le registre de transparence "BeTransparent".

Les médias belges participant à l'enquête internationale ont dès lors analysé les flux financiers entre les 87 sociétés qui fabriquent et/ou commercialisent des implants et le monde médical. Résultat: dix sociétés déclarent n'avoir rien versé, sept n'apparaissent pas dans le registre, et les 70 autres ont dépensé plus de 25 millions d'euros. Sur ce montant, 4,2 millions ont été alloués à la recherche scientifique, 7,4 millions ont été versés à des médecins en guise de frais de voyage, inscription à des colloques ou frais de consultance et 13,7 millions à des "organisations du secteur de la santé". Au total, 3.468 médecins/infirmiers/dentistes sont concernés par ces primes ou avantages en nature, ainsi que 937 organisations.

Les dix médecins (tous flamands) ayant perçu les plus gros montants ont touché entre 43.000 et 150.000 euros de la part des fabricants.

Si certains médecins, sous couvert d'anonymat, reconnaissent les pratiques éthiquement douteuses, d'autres assurent que ces "frais de consultance" n'ont aucune incidence sur leur indépendance et donc leur choix de matériel. Du côté de l'Ordre des médecins, cette collaboration avec l'industrie ne pose pas de problème. "Tant que les conflits d'intérêts sont clairement déclarés, et que les sommes reçues correspondent à un travail réellement presté", souligne son porte-parole Michel Deneyer.