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"Que souhaite le citoyen pour sa santé ? " Ce mémorandum d'une soixantaine de pages, réalisé en vue des élections fédérales, régionales et européennes du 26 mai, s'articule autour de cette question pertinente. L'organisme assureur a dégagé dix priorités pour l'avenir des soins de santé, adaptées aux préférences et aux besoins du patient et liées à des objectifs de santé concrets (lire ci-dessous). Nous présentons ci-dessous les pistes qui permettraient de développer l'e-santé 3.0.Les Mutualités libres estiment que même si les avancées en e-santé " sont réelles et tangibles, la mise en pratique reste frileuse et l'adoption trop lente. " " Or le potentiel de l'e-santé est immense et porteur de valeur ajoutée et d'économies : utilisation optimale des ressources en partageant les données médicales structurées et en évitant les examens redondants, amélioration de la disponibilité et de la qualité des données, payements plus rapides pour les patients et les prestataires, lutte contre la fraude sociale en s'assurant de la matérialité des prestations, réduction de la charge administrative pour tous les acteurs... ", peut-on lire dans le mémorandum.Pour les MLOZ, il est primordial, avant de lancer de nouvelles initiatives, de mener à terme les projets existants et de les déployer entièrement, afin d'éviter aux différents acteurs de devoir maintenir de multiples systèmes coûteux. Et de lister les projets à finaliser et à déployer :La facturation électronique des prestations ambulatoires et la suppression des attestations de soins associées.La demande, le suivi et la consultation électroniques des accords médecinsconseils.La prescription électronique.Le certificat électronique.Le dossier médical partagé et les échanges de données médicales structurées.L'organisme assureur recommande d'intensifier les efforts pour assurer l'adhésion des différents acteurs à ces transformations en menant des actions de sensibilisation, de formation, de retour d'expérience formalisé de la part des utilisateurs. Les initiatives e-santé doivent recueillir la confiance des prestataires, " ce qui exige une sécurité juridique indiscutable et une disponibilité absolue des services. " De nombreux utilisateurs des services de la plateforme eSanté peuvent témoigner que la stabilité des " services " n'est pas encore garantie.Ces projets doivent être soutenus par une gouvernance forte et concertée dans une approche de projet de type 360 ° avec l'ensemble des partenaires (les prestataires de soins, les mutualités, les pouvoirs publics et les firmes de logiciels).Les MLOZ estiment qu'en raison de la diversité des solutions actuellement mises sur le marché (applications, objets connectés, programmes d'accompagnement, outils de diagnostic, ...), " les efforts visant à labelliser ces solutions devront être concrétisés afin de s'assurer qu'elles correspondent bien aux besoins de santé et aux normes de qualité et de sécurité. Par ailleurs, il faut continuer à réfléchir à la reconnaissance des téléconsultations et de la télémédecine afin de pouvoir assurer le suivi à distance de certaines pathologies et de certains paramètres, à l'instar de ce qui a été mis en place en Angleterre, aux Pays-Bas ou en France. "Pour la mutuelle, les initiatives visant à lever les obstacles aux projets Big Data doivent être poursuivis, afin de pouvoir confirmer le potentiel des données dans les domaines de la prédiction du risque, de la précision du diagnostic, de l'orientation thérapeutique et de la réduction des coûts.L'organisme assureur propose une série d'objectifs concrets. La digitalisation de 80 % des documents médico-administratifs (factures, attestations de soins, demandes d'accord, prescriptions et certificats médicaux) d'ici 2022 et 100 % d'ici 2025. Le fait que 80 % des médecins généralistes disposent d'un DMI (Dossier Médical Informatisé), tiennent à jour le Sumehr de leurs patients et disposent de toutes les informations médicales d'ici 2020. 100 % d'ici 2022. Dernier objectif : que 100 % des hôpitaux, institutions psychiatriques et laboratoires publient leurs documents via les HUB's d'ici 2020. Il y a encore du travail !