La population a l'impression que les autorités n'étaient pas vraiment préparées à cette pandémie. Le Vif-l'Express fait état d'un Plan belge en cas de pandémie grippale datant de 2006 qui recommande un stock de masques de protection suffisant. Différents plans de prévention, même assez anciens, sont-ils utilisés actuellement pour combattre la pandémie ?

Le plan pandémie de 2006 avait montré des forces, mais aussi des faiblesses : il est très difficile de savoir à l'avance ce qui va se dérouler, on ne peut jamais être totalement préparé à ce qui peut se passer. En 2009, pour la grippe H1N1, nous avions acheté un grand stock de masques, de médicaments et de vaccins, nous avions prévu un plan de vaccination de masse, mais vu que la maladie était finalement peu virulente, tout n'a pas été nécessaire et la ministre de l'époque a été fort critiquée d'avoir dépensé de l'argent public pour rien... Donc, pas facile de trouver un équilibre. Le plan pandémie n'a pas été totalement revu mais le cadre est clairement resté et a été utilisé. Même chose pour la phase nationale, dans laquelle nous nous trouvons maintenant : la majorité des structures déployées font partie des procédures du centre national de crise, avec quelques adaptations nécessaires du fait de la spécificité de cette pandémie.

Sur quelles bases les recommandations de Sciensano s'assoient-elles ? Notamment sur ce type de plans de crise ?

Les procédures pour les professionnels de santé sont préparées par les membres du RAG (Risk Assessment Group), puis discutées et validées par le RMG (Risk Management Group).

Ecoute-t-on suffisamment les Fédérations hospitalières ? C'est un reproche entendu chez santhea, notamment.

Avec le soutien de la DG Soins de santé se sont constitués 2 sous-comités au sein du Risk Management Group. Le Comité Surge Capacity Hospitals & Transport, qui régule et surveille tous les aspects de la capacité hospitalière et du transport médical. Et le Comité Surge Capacity Primary & Outpatient Care, qui a organisé les systèmes de pré-triage et structures de soins intermédiaires. Ces 2 comités sont composés de toutes les entités (administrations, mais parfois aussi cabinetards-experts), des experts et des représentants de chaque coupoles des hôpitaux et de soins (Zorgnet-Icuro, Santhéa, GIBBIS, Unessa). Le premier Comité se réunit chaque jour, le deuxième tous les 2-3 jours. Santhea est aussi actif dedans. Il y a presque chaque jour des échanges aussi par email ou par téléphone. Du côté SPF-INAMI nous avons aussi des groupes de travail pour gérer les aspects financiers de la crise et nous examinons comment on va organiser le " 1 milliard d'euros pour le secteur hospitalier ". Les coupoles sont aussi dans ce groupe.

Concernant les conseils d'hygiène, les informations évoluent constamment, notamment la distanciation sociale : de 1 m à 1,5 m. Est-ce suffisant en cas de grand vent pour les promenades quotidiennes ? A quelle distance peut-on parler avec son voisin ?

Les experts s'entendent pour une distance d'un mètre cinquante pour tout contact normal, car les émissions de gouttelettes tombent très vite au sol. Mais en respectant toujours les mesures de distanciation sociale: ne pas se toucher, et surtout, mettre le coude devant la bouche quand on tousse et qu'on éternue, car dans ce dernier cas, les distances de émissions peuvent être plus importantes (jusqu'à 8 mètres).

En l'absence de tests en suffisance et de masques de protection, le confinement paraît la seule solution. Toutefois, dans une famille confinée il pourrait y avoir un porteur asymptomatique du Covid-19. Que faire ? Si le conjoint du médecin est infecté, que faire ?

Respecter, même à la maison, les mesures d'hygiène de base. Surtout: se laver régulièrement les mains. Le SPF Santé publique a émis des recommandations (sur le site www.info-coronavirus.be) pour les personnes malades et leur entourage. La personne doit malheureusement être la plus isolée possible, même au sein de sa propre famille: dormir dans une autre pièce, ne pas manger en même temps, ne pas utiliser le même linge de toilette, etc.

Avec +183 morts ces dernières 24 h à 1.011 décès (ndlr : bilan au 2 mars 2020) et des hospitalisations à nouveau à la hausse, le bilan du confinement partiel est-il considéré comme positif ? Existe-t-il des scénarios de confinement total, comme en Chine ?

Pour le moment, l'évolution semble positive. Le nombre d'hospitalisations augmente peu et les consultations chez les généralistes semblent se stabiliser. Cela montre que la dynamique est en train de changer. Nous espérons qu'un plateau (et non un pic) sera bientôt atteint.

Le Premier ministre français et certains ministres belges estiment qu'on sortira du confinement " par étape ", l'HORECA en dernier lieu, les écoles en premier lieu. Pouvez-vous confirmer ? Devra-t-on attendre, comme certains l'évoquent, que le virus soit totalement vaincu ?

Il est probable qu'on sorte du confinement par étapes, mais impossible de savoir qui sortira en premier: cela dépend de l'évolution de la situation dans les deux premières semaines ainsi que les propositions des scientifiques et, enfin, d'une décision politique.

Le déconfinement pourrait-il concerner rapidement les personnes testées négatives au virus et qui ont une immunité ? Sait-on si l'immunité contre le SRAS-Cov-2 est permanente ?

C'est une solution envisagée. Mais on ne sait pas si l'immunité est permanente. Les experts n'ont pas encore assez de recul par rapport à la maladie...

La population a l'impression que les autorités n'étaient pas vraiment préparées à cette pandémie. Le Vif-l'Express fait état d'un Plan belge en cas de pandémie grippale datant de 2006 qui recommande un stock de masques de protection suffisant. Différents plans de prévention, même assez anciens, sont-ils utilisés actuellement pour combattre la pandémie ?Le plan pandémie de 2006 avait montré des forces, mais aussi des faiblesses : il est très difficile de savoir à l'avance ce qui va se dérouler, on ne peut jamais être totalement préparé à ce qui peut se passer. En 2009, pour la grippe H1N1, nous avions acheté un grand stock de masques, de médicaments et de vaccins, nous avions prévu un plan de vaccination de masse, mais vu que la maladie était finalement peu virulente, tout n'a pas été nécessaire et la ministre de l'époque a été fort critiquée d'avoir dépensé de l'argent public pour rien... Donc, pas facile de trouver un équilibre. Le plan pandémie n'a pas été totalement revu mais le cadre est clairement resté et a été utilisé. Même chose pour la phase nationale, dans laquelle nous nous trouvons maintenant : la majorité des structures déployées font partie des procédures du centre national de crise, avec quelques adaptations nécessaires du fait de la spécificité de cette pandémie.Sur quelles bases les recommandations de Sciensano s'assoient-elles ? Notamment sur ce type de plans de crise ?Les procédures pour les professionnels de santé sont préparées par les membres du RAG (Risk Assessment Group), puis discutées et validées par le RMG (Risk Management Group).Ecoute-t-on suffisamment les Fédérations hospitalières ? C'est un reproche entendu chez santhea, notamment.Avec le soutien de la DG Soins de santé se sont constitués 2 sous-comités au sein du Risk Management Group. Le Comité Surge Capacity Hospitals & Transport, qui régule et surveille tous les aspects de la capacité hospitalière et du transport médical. Et le Comité Surge Capacity Primary & Outpatient Care, qui a organisé les systèmes de pré-triage et structures de soins intermédiaires. Ces 2 comités sont composés de toutes les entités (administrations, mais parfois aussi cabinetards-experts), des experts et des représentants de chaque coupoles des hôpitaux et de soins (Zorgnet-Icuro, Santhéa, GIBBIS, Unessa). Le premier Comité se réunit chaque jour, le deuxième tous les 2-3 jours. Santhea est aussi actif dedans. Il y a presque chaque jour des échanges aussi par email ou par téléphone. Du côté SPF-INAMI nous avons aussi des groupes de travail pour gérer les aspects financiers de la crise et nous examinons comment on va organiser le " 1 milliard d'euros pour le secteur hospitalier ". Les coupoles sont aussi dans ce groupe.Concernant les conseils d'hygiène, les informations évoluent constamment, notamment la distanciation sociale : de 1 m à 1,5 m. Est-ce suffisant en cas de grand vent pour les promenades quotidiennes ? A quelle distance peut-on parler avec son voisin ?Les experts s'entendent pour une distance d'un mètre cinquante pour tout contact normal, car les émissions de gouttelettes tombent très vite au sol. Mais en respectant toujours les mesures de distanciation sociale: ne pas se toucher, et surtout, mettre le coude devant la bouche quand on tousse et qu'on éternue, car dans ce dernier cas, les distances de émissions peuvent être plus importantes (jusqu'à 8 mètres).En l'absence de tests en suffisance et de masques de protection, le confinement paraît la seule solution. Toutefois, dans une famille confinée il pourrait y avoir un porteur asymptomatique du Covid-19. Que faire ? Si le conjoint du médecin est infecté, que faire ?Respecter, même à la maison, les mesures d'hygiène de base. Surtout: se laver régulièrement les mains. Le SPF Santé publique a émis des recommandations (sur le site www.info-coronavirus.be) pour les personnes malades et leur entourage. La personne doit malheureusement être la plus isolée possible, même au sein de sa propre famille: dormir dans une autre pièce, ne pas manger en même temps, ne pas utiliser le même linge de toilette, etc.Avec +183 morts ces dernières 24 h à 1.011 décès (ndlr : bilan au 2 mars 2020) et des hospitalisations à nouveau à la hausse, le bilan du confinement partiel est-il considéré comme positif ? Existe-t-il des scénarios de confinement total, comme en Chine ?Pour le moment, l'évolution semble positive. Le nombre d'hospitalisations augmente peu et les consultations chez les généralistes semblent se stabiliser. Cela montre que la dynamique est en train de changer. Nous espérons qu'un plateau (et non un pic) sera bientôt atteint. Le Premier ministre français et certains ministres belges estiment qu'on sortira du confinement " par étape ", l'HORECA en dernier lieu, les écoles en premier lieu. Pouvez-vous confirmer ? Devra-t-on attendre, comme certains l'évoquent, que le virus soit totalement vaincu ?Il est probable qu'on sorte du confinement par étapes, mais impossible de savoir qui sortira en premier: cela dépend de l'évolution de la situation dans les deux premières semaines ainsi que les propositions des scientifiques et, enfin, d'une décision politique.Le déconfinement pourrait-il concerner rapidement les personnes testées négatives au virus et qui ont une immunité ? Sait-on si l'immunité contre le SRAS-Cov-2 est permanente ?C'est une solution envisagée. Mais on ne sait pas si l'immunité est permanente. Les experts n'ont pas encore assez de recul par rapport à la maladie...