Au coeur du Mal (avec un M majuscule), j'ai pourtant été frappée par autre chose. Prenez l'histoire du petit Javier, ce bambin de 3 ans brutalement fauché sur les Ramblas. Un agent de police s'est immédiatement occupé de lui, secondé tout aussi rapidement par le pharmacien d'une officine toute proche qui disposait d'un défibrillateur et qui a tout mis en oeuvre pour sauver le petit patient - en vain, hélas.

Le 22 mars de l'année dernière, rue de la Loi à Bruxelles, qui a été parmi les premiers à venir entourer les nombreuses victimes ? Là encore, le pharmacien de quartier...

Idem l'été dernier à Nice, où les pharmaciens locaux se sont même organisés, loin de toute concurrence, pour ouvrir leurs portes aux citoyens en demande d'aide et de soutien au cours des jours qui ont suivi les attaques. Ce sont eux qui leur ont prêté les premiers une oreille attentive avant de les référer à l'accueil de crise professionnel et à ses psychologues. Sans compensation ni rétribution aucune, ils ont élargi leurs heures d'ouverture pour être là, tout simplement.

À chaque nouvelle attaque terroriste, on entend saluer l'héroïsme ordinaire de la profession... et dans ces moments-là, même les mauvaises langues qui cherchent à rabaisser les pharmaciens à de simples commerçants sont bien forcées d'admettre qu'apporter leur aide à ceux qui ont le plus besoin d'eux est bien le fondement de leur métier !

Entre tous les obstacles que les pharmaciens doivent aujourd'hui négocier, de l'assimilation de nouvelles notions comme celle du pharmacien de référence au casse-tête de la mise en application du Cadre Pluriannuel en passant par les inquiétudes bien légitimes face à l'avenir, gardons-nous bien d'oublier qu'il reste l'un des prestataires les plus accessibles de tout le secteur de la santé, que le citoyen apprécie énormément sa présence sur le terrain et qu'il y a justement là une mission essentielle qui l'attend...