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Grâce à d'incomparables progrès thérapeutiques, les chances de guérison de l'hépatite C sont passées de 10 à quasiment 100%. Mais depuis 1990, année où le virus a été mis en évidence, la population n'a pas mieux compris les modes de transmission. On a tendance à minimiser cette maladie souvent asymptomatique, jusqu'à un stade de complication irréversible. Il n'y a pas assez d'informations, de campagnes de sensibilisation, de mesures de prévention.Pourtant, les médecins spécialistes connaissent toutes les solutions pour diminuer de façon significative les cirrhoses graves, cancers hépatiques et autres transplantations liées au VHC. Les hépatologues disposent même d'un modèle d'éradication en 10 ou 15 ans dans lequel il suffirait de dépister et traiter un millier de patients en plus chaque année. En ciblant par exemple les groupes les plus à risque.La politique de santé semble ainsi toute tracée. Surtout qu'un plan d'action dédié et une proposition de résolution parlementaire ont bien défriché le terrain. Le corps médical se tient même prêt à intensifier les dépistages, les diagnostics, les suivis. Toutefois, les quelque 70.000 patients infectés en Belgique doivent s'armer de patience. Car la réalité est moins lisse que les plans politiques.Des obstacles se sont dressés dans l'accès aux soins, tels que le prix des nouveaux médicaments. Entre 40.000 et 80.000 euros pour les plus récents. Or, l'assurance maladie n'autorise le remboursement que de 900 traitements. Pour les 900 patients les plus gravement affectés. Faute de budget.Si les ministres belges en charge de la Santé ont changé, eux, ces vingt-cinq dernières années, le traitement du dossier " Hépatite C " est resté au point mort. Le politique rechignant visiblement fournir des moyens aux ambitions scientifiques, malgré l'intérêt public... Que va faire Maggie De Block ? L'actuelle patronne du SPF Santé a promis de " prendre une décision " sans fixer de calendrier. Entre-temps, elle s'est tout de même opposée au projet visant à faire disparaître l'hépatite C. Une position qui a jusqu'ici suscité l'effarement d'hépatologues et de l'opposition fédérale.Maggie De Block succombe-t-elle à l'inertie politique? Cliquez sur les photos pour découvrir les différentes réactions.