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En 2016 en France, 20% des accouchements s'accompagnaient encore d'une épisiotomie, même si cette proportion s'était considérablement réduite par rapport aux années précédentes (55% en 1998, 27% en 2010), selon le dernier rapport en date de l'Inserm. Ces dernières années, l'épisiotomie est devenue le symbole des violences obstétricales, qui désignent des actes médicaux durant l'accouchement qui ne sont pas nécessaires ni consentis par la future mère.Le débat - plus virulent en France qu'en Belgique - sur ces pratiques a provoqué une prise de conscience chez les femmes et mis en lumière l'importance du consentement pendant l'épisiotomie, qu'ont exprimé plusieurs professionnels de santé outre-Quiévrain. "On en parle beaucoup", assure Victoria Astezan, présidente de l'Association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf). "On s'interroge sur l'information des patientes et sur le consentement. Il y a des femmes qui disent avant l'accouchement: 'Si vous voulez faire une épisiotomie, il n'y a pas de souci. Mais je veux être au courant', et c'est normal."Avec les mères en plein accouchement, "le dialogue n'est pas forcément facile mais on est tous d'accord pour dire qu'il est nécessaire", renchérit Claire Cardaillac, vice-présidente de l'Association des gynécologues-obstétriciens en formation (Agof) et interne au CHU de Nantes.Toujours en France, et selon un rapport du Haut conseil à l'égalité femmes-hommes (HCE) paru en juin 2018, "une femme sur deux sur laquelle une épisiotomie a été réalisée déplore un manque ou l'absence totale d'explication sur le motif". Un excès que le HCE a classé parmi les "actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical".Les témoignages de maltraitances subies lors de consultations gynécologiques essaiment sur les réseaux sociaux et blogs depuis 2013. Un récent documentaire d'Ovidie, "Tu enfanteras dans la douleur", a donné la parole à des femmes victimes de violences à leur accouchement, parmi lesquelles Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Egalité femmes-hommes.