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Dans un récent rapport, le KCE recommande d'héberger, sur les sites hospitaliers, à côté des services d'urgence, des permanences de médecine générale, ouvertes 24h/24, 7 jours sur 7. Ensemble, urgences et permanence de médecine générale formeraient un " centre de soins aigus non planifiés " avec une porte d'entrée unique donnant accès à une zone de triage qui orienterait les patients soit vers les urgences soit vers la permanence de MG comme le font déjà à Bruxelles Saint-Luc et Erasme.Alors que le GBO considère cette solution comme " inacceptable ", l'Absym à son tour considère l'approche comme simpliste. De plus, " le projet de faire travailler 24h/24 7jours/7 les généralistes et pour cela abandonner leur travail de première ligne dans leurs cabinets relève d'un mépris tel qu'ils devront, par fierté et décence, le combattre et le boycotter ". LE projet du cabinet De Block met à mal l'essence même du travail des généralistes et met en péril le respect qu'ils doivent à leurs patients. "Mettre le tout à l'hôpital et laisser croire à la population que la proximité de la technologie est gage de qualité et de sécurité ne devrait plus avoir cours actuellement, et devrait être dénoncé ; c'est une véritable injure au travail quotidien et à l'abnégation de 10.000 généralistes qui ne comptent ni leurs heures de travail, ni leur disponibilité pour 11,2 millions de patients qui leur font confiance. "Dans un billet d'humeur, Jacques de Toeuf, le président de l'Absym, rappelle que les conclusions du KCE sont généralement basées sur une analyse partielle de la littérature et même partiale dans la mesure où ne sont retenues que les comparaisons étrangères qui vont dans le sens de la politique de la ministre De Block. Ainsi, les données publiées dans le BMJ mettant en cause la qualité du système de triage en Grande-Bretagne sont absentes du rapport du KCE. A contrario, le KCE mentionne une étude de Test-Achats dont de Toeuf doute de la rigueur méthodologique. Du temps de Laurette Onkelinx et Rudy Demotte, souligne de Toeuf, le KCE fonctionnait de la même manière. " On en arriverait à suspecter que les objectifs définis par la ministre deviennent, par la magie d'une étude documentée, des conclusions incontournables puisque 'scientifiquement fondées'. On ne peut qu'espérer que les conditions seront réunies pour un débat contradictoire qui ne fait que commencer. "Toutefois, les discussions se poursuivront notamment sur le triage et le 1733, élément-clé du dispositif. " L'adressage fait l'objet de beaucoup de discussions, de même que la possibilité de considérer le 1733 comme un centre d'orientation en fonction d'un diagnostic posé sur algorithme versus le 1733 comme centrale téléphonique référant à la garde du cercle de généralistes ou à l'hôpital, en fonction de l'algorithme de classification d'urgence ", conclut de Toeuf.