L'ancien ami du médecin a été le premier à témoigner. "Il est doux de nature. Travailleur mais un peu crédule. Ce dont on abusait parfois. Il est toujours prêt pour ses patients. Nous entretenons toujours de bonnes relations, nous sommes également voisins."

"Je le connais depuis trente ans", a raconté un de ses bons amis." Il est aussi mon médecin traitant. Ouvert, extraverti, honnête. Quelqu'un en qui vous pouvez avoir confiance, quelqu'un qui écoute."

Une autre patiente l'a décrit comme "certainement l'un des meilleurs médecins". "Il n'aime pas l'administratif mais il le fait quand même. Ses patients forment un bloc derrière lui. C'est vraiment un scandale qu'il se trouve ici."

La secrétaire médicale du médecin l'a décrit comme quelqu'un de "très généreux" et "toujours préoccupé par ses patients". "Je n'ai jamais connu de médecin qui travaille autant d'heures et qui est également disponible le week-end."

Walter Van Steenbrugge, l'avocat du médecin, s'est ensuite entretenu avec le témoin. "Mon client m'a dit, avant votre témoignage, que vous êtes un trésor de secrétaire. Diriez-vous qu'il est aussi un trésor de médecin?" "Oui", a répondu la témoin.

Aucune question n'a été posée par les parties sur le casier judiciaire du médecin.

Diffusion de conversations que la famille a secrètement enregistrées chez les médecins

"Je me suis rendu le jour-même (de l'euthanasie) chez le docteur (nom du médecin traitant qui est co-accusé) pour lui demander sa déclaration et lui ai dit que cela (l'euthanasie, ndlr) avait eu lieu ce soir-là." C'est ce qu'a déclaré le médecin qui a procédé à l'acte à la famille de Tine Nys, plusieurs semaines après l'euthanasie. Les proches ont secrètement enregistré cette conversation. Cet enregistrement et plusieurs autres ont été diffusés lundi devant la cour d'assises de Gand.

Tine Nys, âgée de 38 ans, a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur base de ses souffrances psychiques. Le premier enregistrement diffusé date du 10 juin.

Dans celui-ci, que la famille dit avoir réalisé parce qu'elle pensait que les médecins "avaient fermé les rangs", on entend d'abord la mère de Tine Nys. "Nous ne comprenons pas comment s'est structurée sa souffrance psychologique? Quelle était sa maladie?", a-t-elle demandé. Le médecin qui a procédé à l'euthanasie a alors évoqué les conclusions du psychiatre, le troisième accusé, et de l'enquête sur Tine Nys dans le centre psychiatrique Dr Guislain.

"Nous ne savions pas que cela allait vraiment arriver", a déclaré Sophie Nys par la suite.

Le médecin exécutant a ensuite expliqué comment il s'était rendu chez le médecin de famille le soir de l'euthanasie. "Le même jour, je me suis encore rendu chez le docteur (nom du médecin traitant, ndlr) pour lui demander sa déclaration et je lui ai dit que (l'euthanasie, ndlr) avait été pratiquée ce soir-là", a-t-il raconté à la famille.

Selon de précédentes déclarations du médecin traitant devant la cour d'assises, le médecin exécutant ne lui avait pas dit que cela arriverait ce soir-là. Il pensait dès lors que sa lettre était nécessaire pour une demande administrative auprès de la commission euthanasie.

La famille a également enregistré une conversation datant du 8 juin. "Je n'ai rien à voir avec cela", y déclare le médecin de famille à propos de la procédure d'euthanasie. "Je ne suis pas le premier consultant parce que je n'ai en fait jamais accédé à la demande d'euthanasie."

Sophie Nys a alors réagi: "Vous comprenez notre confusion? Nous ne voulons pas être offensants. Nous ne sommes pas clairement informés. C'est tout de même notre droit de le savoir non?" Ce à quoi le médecin généraliste a répondu qu'il n'avait pas initié la procédure.

Ce dernier a tout de même donné plus d'informations sur le soir de l'euthanasie. "Le docteur (nom du médecin exécutant, ndlr) m'a appelé avant mon congé et m'a dit: 'nous avons les signatures nécessaires mais je demande, d'une part, l'autorisation des parents, de la famille, et d'autre part, une lettre d'accompagnement du médecin traitant attestant qu'il y a bien eu une demande d'euthanasie.' Je lui avais promis d'écrire que j'étais entièrement d'accord pour écrire ce morceau de papier. Il ne faut pas dire que cet homme m'a mis la pression parce que j'étais complètement d'accord. J'ai dû l'écrire ici sur place en raison de contraintes de temps."

L'homme a ensuite demandé à la famille de s'incliner devant la décision de Tine Nys. "Alors elle aurait dû se suicider", a alors réagi Sophie Nys. "Nous ne pouvons pas tout de même pas accepter qu'un monde médical soutienne le suicide préventif."

La soeur de Tine Nys a demandé au médecin s'il soutenait l'euthanasie. "Non, en fait. J'aurais aussi préféré qu'elle prenne une autre décision. (..) Que diable pouvez-vous faire à ce sujet? Je ressens le même sentiment d'impuissance que vous."

Les derniers témoins seront entendus mardi par la cour d'assises.

L'ancien ami du médecin a été le premier à témoigner. "Il est doux de nature. Travailleur mais un peu crédule. Ce dont on abusait parfois. Il est toujours prêt pour ses patients. Nous entretenons toujours de bonnes relations, nous sommes également voisins." "Je le connais depuis trente ans", a raconté un de ses bons amis." Il est aussi mon médecin traitant. Ouvert, extraverti, honnête. Quelqu'un en qui vous pouvez avoir confiance, quelqu'un qui écoute." Une autre patiente l'a décrit comme "certainement l'un des meilleurs médecins". "Il n'aime pas l'administratif mais il le fait quand même. Ses patients forment un bloc derrière lui. C'est vraiment un scandale qu'il se trouve ici." La secrétaire médicale du médecin l'a décrit comme quelqu'un de "très généreux" et "toujours préoccupé par ses patients". "Je n'ai jamais connu de médecin qui travaille autant d'heures et qui est également disponible le week-end." Walter Van Steenbrugge, l'avocat du médecin, s'est ensuite entretenu avec le témoin. "Mon client m'a dit, avant votre témoignage, que vous êtes un trésor de secrétaire. Diriez-vous qu'il est aussi un trésor de médecin?" "Oui", a répondu la témoin. Aucune question n'a été posée par les parties sur le casier judiciaire du médecin.