Les moments les plus forts sur le sujet santé ? Certainement les accusations de Benoît Hamon selon lesquelles la campagne d'Emmanuel Macron, entièrement pré-financée sur fonds privé, pourrait être influencée par les "lobbies pharmaceutiques, financiers et bancaires".

Le candidat d'En Marche ! a répliqué qu'il n'était l'otage de personne : recevoir l'argent n'oblige à rien en contrepartie. Pour le reste, Emmanuel Macron, très technocratique et sloganesque tout au long de ses interventions, veut miser sur la "prévention" mais sans en préciser les contours si ce n'est que les étudiants en médecine devraient consacrer une partie de leur cursus à cet égard.

Benoît Hamon a semblé être le ventriloque de Marisol Touraine en privilégiant l'approche des pathologies chroniques. Il a insisté lourdement sur l'action des perturbateurs endocriniens et la lutte contre les pesticides et leurs conséquences sur la santé, laissant entendre là-aussi que des lobbies industriels étaient à l'oeuvre (visant, indirectement, Emmanuel Macron?). Dans la lutte contre les déserts médicaux, Hamon a, par contre, changé son fusil d'épaule en estimant que la coercition (l'obligation d'installation) ne mènera à rien. Il leur préfère des "incitants".

Autisme

Marine Le Pen a fait une tirade sur l'autisme, négligé en France "contrairement à la Belgique".

Pour faire des économies dans le secteur, plutôt que détricoter l'assurance obligatoire, la patronne du Front national a mis en avant son expérience de mère de trois enfants pour constater qu'avec les médicaments accumulés dans la pharmacie familiale, elle aurait pu quasiment "ouvrir une pharmacie". Elle préconise la délivrance des médicaments à l'unité. Pestant contre les frais d'administration des mutuelles (8 milliards), Mme Le Pen propose de leur interdire carrément la publicité.

François Fillon, en position de chien battu pendant toute la première partie du débat, a taxé de "caricature" le procès qui lui est fait à propos de sa réforme de l'assurance-maladie dont la couverture devait en principe se concentrer sur les affections graves et de longue durée et dont il a largement atténué la portée depuis ses démêlés avec la Justice.

L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui ne s'est vraiment affirmé que lors de la dernière heure du débat, préconise de débureaucratiser la santé, décloisonner l'hôpital de sa ville et de mieux rémunérer notamment les médecins généralistes qui gagnent à peine plus que certains métiers de service (sans mentionner toutefois le serpent de mer du serrurier qui vient la nuit vous dépanner pour cent euros minimum). Il a admis que les agences régionales de santé étaient trop bureaucratiques. De même, les maisons médicales ("maisons de santé") sont devenues des "monstres trop chers".

Enfin, Jean-Luc Mélenchon veut instaurer une "sécurité sociale intégrale, en y rapatriant les assurances complémentaires". Chantre de la médecine gratuite, il propose que tous les soins prescrits soient remboursés à 100%.

Au final, bien qu'un sondage BFM TV donne Macron gagnant des débats, ce sont, à notre avis, surtout les deux extrêmes - Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen - qui tirent leur épingle du jeu. Ils sont les deux seuls à feindre de croire à leur politique et surtout à l'influence qu'ils auront sur le cours des choses à l'heure où les hommes politiques ont largement lâché prise. François Fillon est apparu comme assommé par l'acharnement médiatico-judiciaire dont il fait l'objet et ne semblait pas croire en ses chances de rattraper son retard de 7 points dans les sondages. Benoît Hamon était très effacé et manquait de punch. Quant à Emmanuel Macron, malgré son intelligence supérieure, le débat l'a en quelque sorte démasqué : magnifique emballage, mais vide à l'intérieur.

Les moments les plus forts sur le sujet santé ? Certainement les accusations de Benoît Hamon selon lesquelles la campagne d'Emmanuel Macron, entièrement pré-financée sur fonds privé, pourrait être influencée par les "lobbies pharmaceutiques, financiers et bancaires". Le candidat d'En Marche ! a répliqué qu'il n'était l'otage de personne : recevoir l'argent n'oblige à rien en contrepartie. Pour le reste, Emmanuel Macron, très technocratique et sloganesque tout au long de ses interventions, veut miser sur la "prévention" mais sans en préciser les contours si ce n'est que les étudiants en médecine devraient consacrer une partie de leur cursus à cet égard.Benoît Hamon a semblé être le ventriloque de Marisol Touraine en privilégiant l'approche des pathologies chroniques. Il a insisté lourdement sur l'action des perturbateurs endocriniens et la lutte contre les pesticides et leurs conséquences sur la santé, laissant entendre là-aussi que des lobbies industriels étaient à l'oeuvre (visant, indirectement, Emmanuel Macron?). Dans la lutte contre les déserts médicaux, Hamon a, par contre, changé son fusil d'épaule en estimant que la coercition (l'obligation d'installation) ne mènera à rien. Il leur préfère des "incitants". Marine Le Pen a fait une tirade sur l'autisme, négligé en France "contrairement à la Belgique". Pour faire des économies dans le secteur, plutôt que détricoter l'assurance obligatoire, la patronne du Front national a mis en avant son expérience de mère de trois enfants pour constater qu'avec les médicaments accumulés dans la pharmacie familiale, elle aurait pu quasiment "ouvrir une pharmacie". Elle préconise la délivrance des médicaments à l'unité. Pestant contre les frais d'administration des mutuelles (8 milliards), Mme Le Pen propose de leur interdire carrément la publicité.François Fillon, en position de chien battu pendant toute la première partie du débat, a taxé de "caricature" le procès qui lui est fait à propos de sa réforme de l'assurance-maladie dont la couverture devait en principe se concentrer sur les affections graves et de longue durée et dont il a largement atténué la portée depuis ses démêlés avec la Justice. L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui ne s'est vraiment affirmé que lors de la dernière heure du débat, préconise de débureaucratiser la santé, décloisonner l'hôpital de sa ville et de mieux rémunérer notamment les médecins généralistes qui gagnent à peine plus que certains métiers de service (sans mentionner toutefois le serpent de mer du serrurier qui vient la nuit vous dépanner pour cent euros minimum). Il a admis que les agences régionales de santé étaient trop bureaucratiques. De même, les maisons médicales ("maisons de santé") sont devenues des "monstres trop chers".Enfin, Jean-Luc Mélenchon veut instaurer une "sécurité sociale intégrale, en y rapatriant les assurances complémentaires". Chantre de la médecine gratuite, il propose que tous les soins prescrits soient remboursés à 100%. Au final, bien qu'un sondage BFM TV donne Macron gagnant des débats, ce sont, à notre avis, surtout les deux extrêmes - Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen - qui tirent leur épingle du jeu. Ils sont les deux seuls à feindre de croire à leur politique et surtout à l'influence qu'ils auront sur le cours des choses à l'heure où les hommes politiques ont largement lâché prise. François Fillon est apparu comme assommé par l'acharnement médiatico-judiciaire dont il fait l'objet et ne semblait pas croire en ses chances de rattraper son retard de 7 points dans les sondages. Benoît Hamon était très effacé et manquait de punch. Quant à Emmanuel Macron, malgré son intelligence supérieure, le débat l'a en quelque sorte démasqué : magnifique emballage, mais vide à l'intérieur.