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"Nous devons légiférer en la matière". Une échographie dite de plaisir (ou affective) n'est pas un acte médical. "Ce qui est interpellant, c'est la manière dont l'échographie est réalisée" , poursuit Catherine Fonck. "Le foetus subit une exposition prolongée aux ultrasons, le plus souvent braqués sur la tête ou les organes génitaux. Or, on connaît toute la fragilité du foetus pendant la période de formation."Le Pr Brotchi a également réagi : "En France, cette échographie, qui n'est nullement réalisée dans un but médical, suscite la polémique depuis plusieurs années. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a rendu un avis dans lequel elle recommande aux femmes enceintes de respecter les prescriptions de suivi de leur grossesse par l'échographie médicale et leur déconseille la pratique des échographies dans un but non médical afin de ne pas exposer inutilement le foetus aux ultrasons. Bien qu'aucun effet secondaire n'ait été décelé dans le cadre d'un examen de dépistage, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé considère qu'un risque potentiel existe. Il convient de le prendre en considération en limitant l'exposition aux ultrasons au plus faible niveau d'exposition nécessaire au dépistage. "La ministre Onkelinx "partage évidemment" la préoccupation de Brotchi même si la Belgique ne dispose que de statistiques globales sur les échographies "Il ressort d'un rapport du KCE que, dans la pratique, la plupart des femmes enceintes ont au moins une échographie et que 18% des femmes en ont deux - tel que recommandé dans la plupart des directives. En moyenne, une femme enceinte subit trois échographies, mais 33% des femmes en font plus de trois, 17% en font quatre et 15% plus de quatre."La ministre estime essentiel d'avertir le public des effets pervers potentiels de ces examens "souvenirs". "Pour objectiver l'ensemble des problèmes, j'ai demandé que le Conseil supérieur de la Santé me fasse une proposition. J'attends ses conclusions pour juillet prochain."