...

Tine D'aes est Anversoise, mais c'est à Liège qu'elle vient de poser ses valises pour les quatre prochaines années. Le but : réaliser son doctorat. La chercheuse du Giga, l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences biomédicales de l'Université de Liège, va tenter de percer les mystères qui entourent la mort des neurones dans le cerveau après un accident vasculaire cérébral. " Nous sommes particulièrement intéressés par le rôle des protéines régulant le cycle cellulaire. Lorsqu'un AVC survient, ces protéines contribuent à la mort des neurones, sans que l'on ne comprenne les mécanismes sous-jacents ", détaille la jeune chercheuse. " Il s'agit bien sûr de recherche fondamentale, mais pas uniquement. Nous travaillons également sur l'inhibition de l'activation de ces protéines à des fins thérapeutiques. Il s'agit donc davantage de recherche translationnelle, d'un passage entre recherche fondamentale et recherche appliquée. "" Désormais, et contrairement à mes travaux précédents en psychologie, je ne travaille plus directement avec des patients, mais bien sur des cultures cellulaires et sur des rongeurs ", continue Tine D'aes. " Ceci dit, mon expérience clinique passée présente aussi un intérêt pour mes travaux actuels. D'autant qu'à terme, même si ma recherche est fondamentale, ses résultats pourraient très bien trouver des applications concrètes, au chevet du patient. "Tine D'aes ne s'est pas dirigée d'emblée vers la recherche. " En réalité, j'ai commencé mes études par un master en psychologie à la VUB. Je voulais devenir neuropsychologue, une profession clinique. Mais je me suis rapidement rendue compte que j'étais intéressée par ce qu'il se passait au niveau neurologique. Durant ma dernière année d'étude, c'était la confirmation : j'étais davantage captivée par le volet scientifique que par le volet clinique. "Son master en poche, Tine D'aes se lance donc immédiatement dans la recherche. " J'ai pu bénéficier d'un financement de quelques mois pour entamer une première année de doctorat en neuropsychologie à la VUB, en 2014-2015 ", précise-t-elle. " Malheureusement, les financements complémentaires n'ont pas suivi et j'ai dû me réorienter. "Car sa soif d'apprendre n'est pas étanchée. " Je ne voulais pas quitter la sphère universitaire ", confie Tine D'aes. " C'est ce qui m'a décidé à reprendre des études, à l'Université d'Anvers cette fois, avec un second master en Sciences biomédicales. Après la psychologie je voulais mieux comprendre comment fonctionnaient notre cerveau et les cellules nerveuses. Comment, au niveau moléculaire et cellulaire, notre cerveau se développe, comment il vit. "Ces deux années complémentaires ont fini d'inoculer le virus de la recherche en la jeune scientifique. " En épluchant les possibilités offertes par diverses universités du pays, j'ai eu la chance de découvrir un nouveau programme proposé par le Giga. Un programme exceptionnel à mes yeux. Non seulement, il portait sur quatre postes de doctorants, mais de plus, il s'agissait d'arriver sans oeillères ni idées préconçues sur la recherche à mener. Comprenez : sans sujet de doctorat prédéfini. J'ai eu la chance d'être retenue pour ce programme. Un programme qui a d'ailleurs débuté par... une série de cours. Pendant mes trois premiers mois au Giga, j'ai été invitée à suivre une série de formations et à papillonner dans les différents laboratoires de l'institut. L'idée étant de découvrir la richesse de cette structure, la diversité de ses recherches, de ses laboratoires et... d'identifier une thématique intéressante pour une thèse. "Cette démarche a particulièrement séduit la jeune Anversoise. " Elle était idéale dans mon cas. En arrivant à Liège, je souhaitais en effet me lancer dans un doctorat, mais sans disposer d'un sujet de thèse bien précis. "Ce programme permet à la chercheuse de rejoindre le Laboratoire de neurobiologie du développement et de définir un axe de recherche pour sa thèse : l'étude de la mort cellulaire des neurones après un accident vasculaire cérébral ischémique.Et c'est donc à Liège que se retrouve l'Anversoise. Un changement pour elle. " J'aime beaucoup la ville, surtout ses habitants ", confie Tine D'Aes, qui a choisi de rester au pays alors qu'elle aurait pu voyager plus loin. " Je ne voulais pas particulièrement aller à l'étranger car la famille a beaucoup de valeur pour moi. Ce pourrait être perçu comme un manque d'ambition, mais le Giga jouit d'une excellente réputation et venir de Flandre en Wallonie est déjà un changement en soi, c'est un contexte totalement nouveau pour moi (rires). C'est une autre langue, c'est une autre expérience. Cela me suffit amplement. "