Au moins cinq personnes sont mortes après avoir utilisé des cigarettes électroniques aux États-Unis ont annoncées les autorités sanitaires. Dans ce pays, le nombre de malades frappés par de graves difficultés respiratoires a doublé pour atteindre 450.

Les enquêteurs fédéraux n'ont pas précisé quelles marques ou substances dans les liquides des cigarettes électroniques étaient susceptibles d'avoir causé les problèmes respiratoires observés. Il existe toute fois un dénominateur commun fréquent. De nombreux malades avaient vapoté des produits contenant du THC, la substance active du cannabis.

C'était le cas d'au moins une des deux victimes dont les décès ont été annoncés le 6 septembre par les autorités sanitaires locales en Californie et dans le Minnesota. Toutes deux étaient également relativement âgées et en mauvaise santé. " Le patient du Minnesota avait plus de 65 ans et est mort en août à l'issue d'une hospitalisation longue et compliquée ", a précisé dans un communiqué l'Agence de santé de l'État du Midwest. D'après les experts, ce patient souffrait de problèmes respiratoires chroniques et il a été hospitalisé en raison de lésions pulmonaires sévères. Les investigations ont associé ces lésions pulmonaires à l'inhalation par vapotage de produits illicites contenant du THC, souligne le communiqué.

En Californie, l'Agence de santé publique du comté de Los Angeles a elle aussi fait état d'un mort lié à la cigarette électronique, un patient âgé de plus de 55 ans. "Il souffrait de problèmes de santé chroniques", mais c'est bien le vapotage qui est considéré comme la cause probable de sa mort, a précisé le responsable de l'Agence, le Dr Muntu Davis.

Il n'a pas précisé quel type de produits il utilisait mais a déclaré que sur les douze cas de patients tombés malades après avoir vapoté, dont le cas mortel, tous sauf un avaient " l'habitude de consommer des produits à base de cannabis ou de marijuana ". Un autre décès a été confirmé dans l'Indiana après l'Oregon et l'Illinois.

Un lien possible avec l'huile de vitamine E

Un lien possible a été établi entre certains malades et une huile de vitamine E, qui se consomme normalement en gélule ou en huile pour la peau. La vaporisation à haute température de cet additif pourrait avoir endommagé les poumons des vapoteurs. Les responsables sanitaires de l'Etat fédéral ont cependant appelé à la prudence dans l'attente d'analyses plus complètes. " Aucune substance ou molécule unique, dont l'acétate de vitamine E, n'a été identifiée dans l'ensemble des échantillons analysés ", a insisté Mitch Zeller, directeur du centre pour le tabac de la Food and Drug Administration, qui teste au niveau national les produits impliqués. " Nous n'avons pas encore toutes les réponses ", a renchéri Ileana Arias, responsable des maladies non-infectieuses aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Par mesure de précaution, les CDC recommandent dans l'immédiat de ne pas utiliser de cigarettes électroniques, quelles qu'elles soient. Les problèmes respiratoires sont d'autant plus choquants qu'ils apparaissent subitement, chez des patients souvent jeunes et sans problème de santé.

Dans l'Illinois, la moitié des malades avait moins de 19 ans. Les symptômes correspondaient souvent à une pneumonie lipidique, qu'on observe quand des huiles pénètrent les poumons.

" Je n'ai jamais vu cela "

Sean Callahan, pneumologue à l'hôpital de l'université de l'Utah, a traité l'un de ces malades en juillet, âgé de 20 ans. La détresse respiratoire était telle que le jeune homme a dû être placé plus d'une semaine dans une machine qui oxygène le sang du patient hors de son corps, tant ses poumons n'arrivaient plus à fonctionner.

"Je n'avais jamais vu cela auparavant ", a raconté le docteur Callahan à l'AFP. "D'habitude, les malades qui ont besoin de cette machine ont des formes très avancées de grippe ou de pneumonie, ou bien ils ont des systèmes immunitaires affaiblis à cause d'un cancer ou d'une chimiothérapie ". Le jeune homme s'en est finalement sorti mais n'est pas à l'abri d'éventuelles séquelles. Quant à la piste de la vitamine E, les autorités de New York ont publié des photos des recharges impliquées: elles ont des emballages très colorés sous le nom de Dank Vapes, une "marque" qui ne correspond apparemment à aucune entreprise légitime mais se distribue dans la rue et sur internet.

Le mort de l'Oregon, en revanche, avait acheté son produit dans un dispensaire de cannabis légal. Ces maladies pulmonaires s'ajoutent à la pression sur les fabricants légaux de cigarettes électroniques, accusés par les autorités d'avoir promu leurs produits chez les jeunes comme une alternative saine et cool à la cigarette.