Pour la première fois, Sciensano a réalisé dans son Enquête de Santé un sondage sur la littératie des Belges en matière de santé. 6 questions pour estimer si nous pouvons facilement chercher, comprendre, juger, évaluer et appliquer des informations en matière de santé. Cela fait beaucoup de verbes. Faut-il s'étonner que la littératie en santé ne soit pas quelque chose d'évident pour de nombreuses personnes ? Les chiffres de l'enquête parlent d'eux-mêmes : en 2018, 1 Belge sur 3 en savait trop peu sur la santé. De plus, les chercheurs ont constaté une littératie en santé plus limitée chez les personnes âgées et celles en moins bonne santé. L'enquête de Sciensano montre l'importance des chiffres pour définir les priorités de la littératie en santé et y associer des actions sur mesure pour les différents groupes cibles. La Belgique a besoin d'un plan coordonné en littératie en santé. Et de préférence rapidement.

Car une littératie en santé limitée représente une menace sérieuse pour notre santé publique. Elle peut entraîner un mode de vie malsain, une mauvaise observance thérapeutique, un risque accru de décès prématuré, etc. Ceci entraîne à son tour de plus grandes disparités en matière de santé et une hausse des coûts pour les patients et la sécurité sociale. Alors qu'un citoyen bien informé et avec des connaissances en santé fera justement des choix plus sains et réfléchis. Si nous voulons combler le fossé en matière de santé, nous devons de toute urgence investir davantage dans la responsabilisation du patient avec des informations de santé sur mesure.

Chacun a un rôle à jouer à cet égard. Il appartient aux décideurs politiques d'établir un plan avec des priorités, des objectifs et des actions concrètes clairs par groupe cible. Les prestataires et établissements de soins peuvent donner des conseils personnalisés aux personnes vulnérables avec une littératie en santé limitée. Pour pouvoir jouer ce rôle pleinement, ils doivent recevoir le soutien nécessaire : des outils éducatifs avec des informations compréhensibles pour leurs patients, plus d'attention aux compétences communicatives et pédagogiques pendant leur formation... Et l'enseignement ? Les bonnes habitudes acquises tôt perdurent, c'est pourquoi les Mutualités Libres préconisent une matière distincte sur la santé à l'école.

L'éducation à la santé se trouve dans l'ADN des mutualités. Nous prenons de nombreuses initiatives pour l'accessibilité des informations de santé, mais elles sont encore trop fragmentées. Un plan coordonné relatif à la littératie en santé permettrait aux mutualités de remplir leur rôle d'une manière encore plus ciblée. En dispensant une éducation à la santé selon les objectifs fixés pour chaque groupe cible, en développant des outils d'information et des programmes d'accompagnement sur mesure, en soutenant les prestataires de soins avec du matériel éducatif et des outils d'aide à la décision, etc.

Les résultats en matière de littératie en santé provenant de l'Enquête de santé fournissent de précieuses informations. Nous devons à présent travailler tous ensemble pour faire en sorte que tous les citoyens puissent prendre leur santé en main.